Modernisation de la police au Gabon : adoption d’une nouvelle loi de programmation sécuritaire
Après avoir doté l’armée d’un cadre législatif similaire l’an dernier, le Gabon franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa sécurité intérieure. Le Conseil des ministres, réuni le 25 juin 2026, a officiellement adopté un projet de loi de programmation sécuritaire s’étendant sur la période 2026-2030. Ce texte ambitieux, dont les prémices avaient été évoquées en début d’année par le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, vise une refonte globale de la Police nationale.
Adapter l’appareil sécuritaire aux menaces contemporaines
L’objectif central de cette réforme est d’ajuster les capacités d’intervention face à une criminalité en pleine mutation. Entre l’émergence des cybermenaces, la sophistication des réseaux de trafics et les risques pesant sur les citoyens, les autorités estiment qu’une mise à jour des outils policiers est impérative. Cette planification quinquennale servira de socle pour rationaliser les investissements et densifier le maillage sécuritaire sur l’ensemble du territoire gabonais.
Une police plus moderne et plus proche des citoyens
Le projet ne se limite pas à l’acquisition de matériel ; il prévoit une transformation structurelle du métier de policier. La formation continue, l’usage des technologies numériques et le renforcement de la police de proximité sont au cœur du dispositif. L’exécutif souhaite également intensifier la collaboration avec des partenaires étrangers pour mutualiser les expertises face aux enjeux transfrontaliers.
Toutefois, la mise en œuvre de ce vaste chantier devra composer avec une réalité économique complexe. Malgré les ambitions affichées, le projet de loi de finances rectificative pour 2026 montre une contraction des budgets alloués à la sécurité. Le succès de cette programmation 2026-2030 reposera donc sur l’aptitude de l’État à sécuriser les financements nécessaires pour concrétiser cette modernisation indispensable.