Médiation africaine dans l’est de la RDC : des orientations arrêtées pour le second semestre 2026
Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs, a conduit lundi 8 juin 2026 à Lomé une réunion d’évaluation semestrielle. Cette session intervient alors que les initiatives diplomatiques stagnent et que les affrontements se poursuivent entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
La rencontre a rassemblé les membres du Collège des facilitateurs nommés par l’Union africaine, ainsi que des délégués des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Tenue sur deux jours, les 7 et 8 juin 2026, cette réunion visait à examiner les progrès accomplis depuis la mise en place de l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. L’objectif était aussi de définir les priorités pour le second semestre de l’année, en appui aux processus de Washington et de Doha, pilotés respectivement par les États-Unis et le Qatar.
Orientations stratégiques pour le second semestre 2026
Le compte-rendu officiel indique que la réunion a adopté plusieurs axes, notamment le renforcement de la coordination interne entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant. Les participants ont aussi souligné la nécessité de structurer et de rendre disponible une contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha, afin d’en renforcer l’appropriation, la légitimité et la mise en œuvre.
Ils ont également exhorté l’ensemble des États et organisations impliqués dans les efforts de médiation à intensifier leur coopération dans un esprit de solidarité, tout en respectant les responsabilités et les mandats définis dans l’architecture de médiation adoptée à Lomé en janvier 2026.
Décisions immédiates
Plusieurs mesures ont été arrêtées pour accroître l’efficacité du processus. Il s’agit notamment de l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026, ainsi que de l’élaboration, dans un délai de quinze jours, d’un plan d’action opérationnel précisant les modalités de mise en œuvre des décisions prises.
Animés d’une volonté collective renouvelée et d’un esprit de responsabilité partagée, les participants se sont engagés à mettre en œuvre avec diligence et cohérence les décisions de cette réunion, à honorer les engagements souscrits et à œuvrer ensemble pour une paix durable dans l’Est de la RDC et la région des Grands Lacs.
Cette rencontre fait suite à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier à Lomé. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur principal désigné par l’Union africaine, cette réunion visait à renforcer la confiance entre les parties, faire progresser le dialogue et veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.
L’initiative de janvier avait réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la CAE et de la SADC, ainsi que plusieurs partenaires internationaux. Elle s’inscrivait dans le prolongement des efforts diplomatiques engagés en faveur de la stabilité dans l’Est de la RDC.
À l’issue de ces assises, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’Est de la RDC. Selon ce schéma, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, appuyé par une équipe de soutien à la médiation togolaise comprenant le ministère togolais des Affaires étrangères et la présidence de la République.
Le document précise que cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, sont chargés de thématiques spécifiques. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo s’occupe des questions militaires et sécuritaires. L’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde est responsable des questions humanitaires. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta supervise le dialogue avec les groupes armés locaux. L’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi gère les questions de coopération économique régionale, tandis que l’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, pilote les dossiers relatifs à la société civile, à la réconciliation et aux questions de genre.
Le dispositif comprend également un Secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’Union africaine, la CAE, la SADC et la CIRGL. La Commission de l’Union africaine assure la coordination avec les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et le Groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
Crédit photo : Réunion autour du médiateur de l’UA, Faure Gnassingbé