Maroc : l’économie la plus vulnérable d’Afrique du Nord face à une crise à Hormuz
Un rapport souligne les risques majeurs pour le Maroc en cas d’escalade
Une étude récente met en lumière les conséquences potentielles d’une crise autour du détroit d’Hormuz sur les économies nord-africaines. L’ouvrage collectif, fruit d’un travail d’experts internationaux, révèle que le Maroc figurerait parmi les pays les plus exposés à un choc pétrolier dans ce scénario. Cette vulnérabilité s’explique par la forte dépendance des secteurs clés du pays aux flux énergétiques et commerciaux transitant par cette zone stratégique.
L’analyse économique détaillée dans ce document s’appuie sur des modèles entrées-sorties pour évaluer l’impact d’une hausse de 20 % des prix du pétrole. Les résultats montrent que le Royaume chuterait en première ligne face à une telle perturbation, avec des répercussions notables sur l’agriculture, la construction et les transports. Ces secteurs, fortement consommateurs d’énergie, subiraient une pression inflationniste significative.
Comparaison régionale : le Maroc en première ligne
Contrairement à ses voisins, le Maroc apparaît comme le pays nord-africain le plus fragilisé par une crise pétrolière liée à Hormuz. L’Égypte, par exemple, pourrait partiellement compenser une hausse des prix grâce à ses recettes pétrolières, tandis que la Tunisie présenterait un bilan plus équilibré malgré des disparités sectorielles marquées.
Cette étude souligne également les failles structurelles d’une économie mondiale dépendante des flux transitant par ce corridor maritime. Le détroit d’Hormuz, par lequel transite une part majeure des exportations mondiales de pétrole et de gaz, devient ainsi un point de vulnérabilité critique pour les nations les plus exposées.
Un tournant géopolitique aux répercussions mondiales
Au-delà des aspects purement économiques, les auteurs de l’ouvrage analysent les mutations profondes de l’ordre international. La crise de 2026 marque selon eux un tournant dans les relations internationales, caractérisé par une fragmentation accrue du système mondial et un affaiblissement des mécanismes traditionnels de coopération.
Les contributions d’experts comme Ferid Belhaj et Marcus Vinicius de Freitas soulignent l’émergence d’un monde multipolaire où les conflits sont davantage gérés que résolus. La guerre autour d’Hormuz illustre cette tendance, révélant les limites des alliances historiques et la montée en puissance de nouvelles dynamiques géopolitiques.
Un autre volet de l’analyse porte sur les tensions transatlantiques exacerbées par le conflit. Les divergences entre les États-Unis et plusieurs pays européens concernant la gestion des crises internationales se seraient accentuées, remettant en cause les fondements mêmes de la coopération transatlantique.
L’ouvrage aborde également les enjeux de sécurité énergétique pour le continent africain, les équilibres fragiles du Sahel et les répercussions sur les économies sud-américaines. Les minerais stratégiques émergent comme un enjeu central dans ces nouvelles dynamiques, redessinant les rapports de force mondiaux.
Une analyse pour anticiper les crises futures
Ce travail collectif, coordonné par le Policy Center for the New South, s’inscrit dans une volonté de mieux comprendre les mutations de l’ordre international. Les auteurs plaident pour une réflexion approfondie sur les stratégies que les États devront adopter face à des crises susceptibles de perturber durablement les chaînes d’approvisionnement, les marchés de l’énergie et les équilibres géopolitiques.
En ciblant spécifiquement le Maroc comme pays le plus vulnérable d’Afrique du Nord, cette étude offre une perspective concrète et directement utile pour les décideurs locaux. Elle met en évidence la nécessité de renforcer la résilience économique face à des chocs externes majeurs.