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Maroc et inde renforcent leur alliance antiterroriste à new delhi

Le Maroc et l’Inde ont franchi une nouvelle étape dans leur collaboration sécuritaire en organisant, le 22 juin à New Delhi, une réunion dédiée à l’intensification de leur lutte conjointe contre le terrorisme. Cet échange, centré sur les menaces transnationales, a permis d’élargir le champ de leur coopération aux réseaux financiers illicites, aux technologies détournées à des fins criminelles ainsi qu’aux liens entre organisations terroristes et groupes armés. La deuxième session du groupe de travail conjoint Maroc-Inde a abouti à une feuille de route axée sur l’échange d’informations, le renforcement des capacités institutionnelles et une coordination renforcée au sein des instances multilatérales.

Vinod Bahade, secrétaire adjoint à la lutte antiterroriste au sein du ministère indien des Affaires étrangères, et Hicham Baali, responsable de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) rattachée à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), ont piloté les débats. Les discussions ont mis en lumière les défis communs aux deux pays, notamment la circulation des idéologies extrémistes, les flux financiers illégaux, les outils technologiques malveillants et les mouvements transfrontaliers de terroristes.

Les délégations ont adopté une position unanime en condamnant avec la plus grande fermeté «toutes les formes de terrorisme, y compris ses manifestations transfrontalières». Elles ont également dénoncé sans réserve l’attaque survenue le 22 avril 2025 à Pahalgam, dans la région du Jammu-et-Cachemire indien, ainsi que l’attentat perpétré le 10 novembre 2025 près du Fort-Rouge à New Delhi.

financement illicite, radicalisation et exploitation des technologies

Les échanges ont porté sur plusieurs axes stratégiques : l’extrémisme violent, les mécanismes de radicalisation, les circuits de financement des groupes terroristes et l’utilisation abusive des technologies modernes. Le communiqué souligne que cette réunion visait à «analyser les défis actuels et émergents dans la lutte antiterroriste», en décryptant les méthodes de recrutement, les sources de financement, les canaux de communication et les dispositifs numériques exploités par les factions clandestines.

Une attention particulière a été accordée à «l’exploitation des technologies à des fins terroristes», incluant les outils de chiffrement, la propagande en ligne, les transferts de fonds illicites et les infrastructures numériques facilitant la planification d’attaques. Bien que les détails techniques n’aient pas été divulgués, cette dimension s’inscrit dans une approche globale combinant renseignement, prévention et réponse judiciaire.

Les deux délégations ont également exploré «l’interconnexion entre le crime organisé transnational et le terrorisme». Cette synergie criminelle englobe les réseaux de financement, les chaînes logistiques, les faux papiers, les trafics et les routes clandestines permettant aux groupes armés de déplacer personnes, fonds et équipements à l’échelle internationale.

Enfin, les participants ont abordé la question du «déploiement mondial des terroristes», un concept désignant les mouvements internationaux des membres de groupes armés, les retours de combattants depuis les zones de conflit et les risques associés aux itinéraires clandestins. L’objectif est de synchroniser les évaluations des deux pays pour mieux tracer ces déplacements et optimiser le partage d’informations entre leurs services spécialisés.

renforcement des échanges et coordination internationale

Le Maroc et l’Inde ont réaffirmé leur volonté de «consolider leur coopération bilatérale en matière de lutte antiterroriste par l’échange d’informations, le renforcement des compétences et le partage des bonnes pratiques». Cette démarche s’appuie sur l’expertise policière, l’analyse des menaces, la formation ciblée et la comparaison des stratégies mises en œuvre par les deux nations.

Les délégations ont réitéré leur engagement commun au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU), de la Groupe d’action financière (GAFI) et du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF). Ces plateformes sont perçues comme essentielles pour harmoniser les normes financières, prévenir l’extrémisme violent, faciliter la coopération judiciaire et favoriser l’échange d’expériences entre États.

Par ailleurs, les deux pays ont convenu d’organiser prochainement une troisième réunion du groupe de travail conjoint au Maroc. Cette future session, dont la date sera déterminée d’un commun accord, devra approfondir l’analyse des menaces régionales et mondiales, tout en concrétisant les orientations adoptées lors de la rencontre de New Delhi.