Mali : les mines artisanales frappent à nouveau des civils près d’Aguelhok
Le calme précaire du septentrion malien a de nouveau été brisé par une détonation meurtrière. Ce mardi 14 avril 2026, un véhicule de transport de marchandises et de passagers a été victime d’un engin explosif improvisé (EEI) aux alentours d’Aguelhok, dans la région stratégique de Kidal.
Un bilan matériel et humain lourd pour la population civile
L’explosion, d’une intensité rare, a littéralement pulvérisé le camion, éparpillant son chargement sur plusieurs mètres. Selon les informations recueillies sur place :
- Plusieurs passagers ont été gravement blessés par le souffle de la déflagration.
- Les victimes ont été transportées d’urgence vers les centres de soins les plus proches, malgré le manque criant de moyens médicaux dans ce secteur isolé.
- Le véhicule est totalement irrécupérable, détruit par l’incendie qui s’est déclaré après le choc.
Bien qu’aucune organisation n’ait officiellement revendiqué l’acte, la signature des groupes armés terroristes opérant dans le Nord du Mali est fortement suspectée. Ces factions utilisent régulièrement les mines pour entraver les mouvements, mais ce sont systématiquement les civils qui en paient le prix fort.
Une économie locale asphyxiée par l’insécurité
Pour les habitants de la zone, les déplacements sur l’axe Gao-Kidal-Tessalit s’apparentent désormais à un pari risqué. Un résident témoigne anonymement de cette peur omniprésente : « Voyager ici est devenu une loterie mortelle. On ne sait jamais si l’on arrivera à destination, car l’ennemi se cache sous le sable. »
Au-delà du traumatisme humain, cette menace permanente pèse lourdement sur l’approvisionnement des localités reculées. Les transporteurs, effrayés par la prolifération des engins de mort dissimulés, hésitent de plus en plus à s’aventurer sur ces pistes, isolant davantage les populations d’Aguelhok.
Malgré les efforts de sécurisation et les opérations de déminage, l’immensité du désert facilite la pose discrète de ces mines, rappelant cruellement que la stabilité demeure un défi majeur dans le nord-est du pays.