Mali : l’armée et le pouvoir malien restent solidement ancrés, selon Moussa Ag Acharatoumane
« les maliens soutiennent leur armée et leur gouvernement », déclare Moussa Ag Acharatoumane
Au Mali, malgré les attaques conjointes menées fin avril par les groupes jihadistes du Jnim et les rebelles indépendantistes du FLA ayant coûté la vie au général Sadio Camara, ministre de la Défense, et entraîné la chute de Kidal, les autorités de transition maintiennent leur fermeté. Moussa Ag Acharatoumane, membre du Conseil national de transition et porte-parole du MSA (Mouvement pour le salut de l’Azawad), allié à Bamako, livre son analyse sur la situation actuelle.
une armée malienne unie et déterminée face aux défis
Les autorités maliennes insistent sur la résilience de leur pays. Assimi Goïta, chef de l’État de transition, continue de bénéficier d’un soutien populaire indéfectible. « Assimi Goïta est toujours le président dont le Mali a besoin », affirme Moussa Ag Acharatoumane. Il souligne que, malgré la complexité des attaques du 25 avril, l’État malien reste debout et actif. « Les forces de défense et de sécurité ont repoussé les actions terroristes », précise-t-il, ajoutant que l’armée est soudée, que le commandement est uni et que les soldats conservent un moral d’acier.
Les opérations militaires se poursuivent sur l’ensemble du territoire national, et Bamako, bien qu’assiégé par les groupes armés, ne cède pas. « Le régime est solide, et c’est même le peuple malien qui l’est davantage », déclare-t-il. « Les Maliens aiment leur armée, leur pouvoir et leur pays ».
l’alliance controversée entre le Jnim et le FLA
L’union entre les jihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA inquiète les autorités. Moussa Ag Acharatoumane rappelle que cette alliance rappelle les erreurs de 2012, lorsque des groupes similaires avaient provoqué chaos et souffrances. « Les frères qui se sont alliés à al-Qaïda n’ont pas tiré les leçons du passé », explique-t-il. Il dénonce également le rôle d’al-Qaïda dans l’assassinat de journalistes en 2013 et la décimation de familles entières.
Pour lui, cette alliance est une « erreur grotesque » et appelle ses « frères » à revenir sur leur décision. Il cite les exemples du MSA et du Gatia, deux groupes alliés à Bamako, qui combattent activement le terrorisme international aux côtés de l’armée malienne et des partenaires russes.
des signes d’une coordination entre les groupes armés
Moussa Ag Acharatoumane met en lumière les éléments troublants de cette alliance. « Quand al-Qaïda mentionne officiellement son alliance avec le FLA, quand Iyad Ag Ghali coordonne les opérations à Kidal aux côtés des dirigeants du FLA, quand des défilés sont organisés avec des drapeaux noirs symbolisant leurs projets destructeurs, il est clair que nos frères sont dans l’erreur », martèle-t-il. Selon lui, cette union n’est pas seulement militaire, mais idéologique.
la situation à Kidal et les perspectives d’une contre-offensive
Le Jnim et le FLA contrôlent désormais Kidal et Tessalit, tandis que l’armée malienne et l’Africa Corps russe restent présents à Aguelhoc et Anéfis. Une contre-offensive est-elle envisagée ? « Les forces de défense et de sécurité sont en pleine réorganisation et déterminées à ne céder aucun centimètre de territoire », répond Moussa Ag Acharatoumane. Il confirme que le général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de Kidal, est en bonne santé et prêt à assumer ses responsabilités.
Ménaka : une situation sous contrôle mais une menace persistante
Dans la région de Ménaka, les forces maliennes et russes ont repoussé les offensives de l’État islamique, rival du Jnim, fin avril. La vie a repris son cours, l’administration fonctionne à nouveau, et des patrouilles sont menées quotidiennement. « La situation est sous contrôle, mais la menace terroriste reste bien réelle », tempère-t-il. « Nous vivons en état de guerre, et la vigilance doit être constante ».
pas de dialogue possible avec les groupes armés
Face aux appels au dialogue lancés par certains opposants, Moussa Ag Acharatoumane est catégorique. « Il n’y a rien à négocier avec des groupes qui ont pour projet de détruire notre pays ». Il précise que l’État malien protège sa population et son intégrité territoriale. « Si ces groupes reviennent à de meilleurs sentiments, il y aura de la place pour tous, mais pas dans les conditions actuelles ».