Macky Sall à l’ONU : comment le Togo a saboté l’ambition africaine d’un ancien président

L’ancien président sénégalais Macky Sall nourrissait de grandes ambitions pour un poste clé à l’Organisation des Nations Unies. Pourtant, son projet a été compromis par un obstacle inattendu : le Togo. Alors que 55 États africains semblaient prêts à le soutenir pour succéder à Antonio Guterres, trois nations — dont le Sénégal et le Togo — ont rejeté cette candidature, fragilisant l’unité africaine et déclenchant une crise diplomatique majeure.

Macky Sall à l'ONU

Pourquoi le Togo a-t-il brisé l’unité africaine en bloquant Macky Sall ?

Ce qui aurait dû être une victoire symbolique pour l’Afrique s’est transformé en un revers cuisant. D’un côté, une Afrique unie en apparence, prête à valider une candidature consensuelle. De l’autre, un trio de pays — dont le Togo sous la direction de Faure Gnassingbé — a rejeté cette stratégie, révélant une fracture profonde dans les alliances continentales.

Le Togo, en particulier, a joué un rôle central en s’alignant sur les positions de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger. Cette opposition n’est pas anodine : elle reflète une remise en cause des mécanismes traditionnels de l’ONU, où les alliances se construisent souvent sous influence extérieure.

Les raisons derrière le veto togolais

Plusieurs facteurs expliquent cette décision controversée :

  • Divergences géopolitiques : Le Togo et ses alliés de l’AES privilégient une approche plus radicale, opposée aux dynamiques traditionnelles de l’Afrique de l’Ouest.
  • Intérêts stratégiques : Certains pays de l’AES cherchent à consolider leur position face aux anciennes puissances coloniales, ce qui les pousse à rejeter les figures perçues comme trop proches de l’Occident.
  • Conflits d’influence : Le veto togolais pourrait être lié à des rivalités internes au sein de la CEDEAO, où les tensions entre pays francophones et anglophones s’intensifient.

Quelles conséquences pour l’Afrique à l’ONU ?

Cette crise diplomatique a mis en lumière plusieurs enjeux cruciaux :

  • Affaiblissement du leadership africain : La division entre pays africains réduit leur capacité à peser dans les instances internationales.
  • Remise en question des alliances traditionnelles : Les pays de l’AES semblent privilégier une approche plus autonome, au détriment des compromis historiques.
  • Opportunités pour d’autres candidats : Ce blocage pourrait ouvrir la voie à des figures moins controversées, comme l’ancienne présidente de la Commission de l’Union africaine.

En conclusion, le veto togolais a non seulement compromis la candidature de Macky Sall, mais aussi révélé les fractures profondes au sein de la diplomatie africaine. Une leçon amère pour ceux qui croyaient encore à l’unité du continent.