Incarcéré depuis plusieurs jours au Maroc, le rappeur Mehdi Black Wind suscite une vive mobilisation. Son arrestation, intervenue dans un contexte tendu, interroge sur les limites de la liberté d’expression dans le pays.

Le vendredi 12 juillet, Mehdi Black Wind — de son vrai nom El Mahdi Lyoubi — s’est vu notifier à l’aéroport de Rabat une interdiction de quitter le territoire marocain. Âgé de 34 ans et résidant en France depuis près d’une décennie, l’artiste devait embarquer pour un vol vers Paris. Pourtant, contre toute attente, il a été retenu par les autorités et placé en garde à vue dès le lundi suivant, après une convocation par la police judiciaire de Casablanca.

Le mercredi 14 juillet, le parquet a ordonné son défèrement en comparution immédiate devant un tribunal de Casablanca. Une audience a eu lieu, mais l’audience a été reportée au 22 juillet afin de lui permettre de préparer sa défense. Une situation rendue encore plus complexe par la grève des avocats, en vigueur depuis un mois au Maroc, limitant ainsi l’accès à une assistance juridique efficace.

une arrestation liée à ses engagements politiques et artistiques ?

À ce stade, aucune charge officielle n’a été communiquée par les autorités marocaines. Pourtant, plusieurs indices laissent penser que son incarcération pourrait être en lien direct avec ses prises de position. Mehdi Black Wind est connu pour ses textes engagés, dénonçant les inégalités sociales et critiquant ouvertement le pouvoir en place. Ses interventions sur les réseaux sociaux, souvent virulentes, ont également alimenté les débats.

Une tribune signée par plus de 700 personnalités du monde culturel, dont des artistes marocains et internationaux comme le réalisateur Faouzi Bensaidi ou les actrices françaises Adèle Haenel et Aïssa Maïga, exige sa libération immédiate. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a également réagi, dénonçant une « politique de restriction des voix critiques » et appelant à son relâchement.

une mobilisation internationale pour sa défense

La détention de Mehdi Black Wind dépasse désormais les frontières du Maroc. Des milliers de personnes, en ligne et dans les rues, soutiennent sa cause, exigeant la fin de ce qu’ils considèrent comme une répression arbitraire. Les réseaux sociaux s’embrasent, avec des hashtags comme #FreeMehdiBlackWind qui se propagent rapidement.

Alors que l’audience du 22 juillet approche, les défenseurs des droits humains et les militants continuent de faire pression pour sa libération. Une question reste en suspens : jusqu’où le Maroc est-il prêt à aller pour museler les voix dissidentes ?