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Le Sénégal dénonce une corruption à la CAF après la perte de son titre de la can 2025

C’est une onde de choc qui secoue le monde du football africain et au-delà. La Confédération africaine de football (CAF) a pris la décision radicale de retirer le trophée de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations au Sénégal pour l’attribuer officiellement au Maroc. Cette sentence intervient deux mois après une finale pourtant remportée sur le terrain par les Lions de la Teranga (1-0). L’instance a finalement déclaré le Sénégal perdant par forfait sur un score administratif de 3-0, suite à un recours déposé par la partie marocaine.

Une riposte judiciaire et diplomatique dakaroise

Face à ce qu’il qualifie de spoliation, l’exécutif sénégalais n’a pas tardé à réagir. Marie Rose Khady Fatou Faye, porte-parole du gouvernement, a fustigé une « tentative de dépossession injustifiée » et a officiellement sollicité l’ouverture d’une investigation internationale. Les autorités soupçonnent des actes de corruption au sein des instances de décision de la CAF. Cette affaire, qui passionne la presse burkinabè et alimente les débats sur la politique Burkina et régionale, pourrait bien redéfinir les relations sportives sur le continent.

De son côté, la fédération sénégalaise de football (FSF) a dénoncé une mesure « inique et inacceptable ». Elle a d’ores et déjà annoncé son intention de porter le litige devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne. Abdoulaye Sow, secrétaire général de la FSF, a affirmé avec fermeté dans les colonnes du journal Le Soleil que le trophée physique resterait sur le sol sénégalais, dénonçant une instance « pourrie ».

Les raisons d’un retrait sur tapis vert

Le nœud du problème remonte au 18 janvier dernier, lors des ultimes instants de la finale. Suite à un penalty accordé au Maroc pour une faute contestée sur Brahim Diaz, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw avait ordonné à ses joueurs de quitter la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Après un quart d’heure de confusion totale et d’incidents en tribunes, le match avait repris. Brahim Diaz avait manqué sa tentative, et Pape Gueye avait finalement offert la victoire au Sénégal d’une frappe précise.

Toutefois, la CAF s’est appuyée sur les articles 82 et 84 de son règlement. Le texte stipule que toute équipe abandonnant le terrain avant le terme d’une rencontre sans l’aval de l’arbitre est considérée comme perdante et éliminée. Cette jurisprudence rappelle l’affaire du Wydad Casablanca en 2019, où l’Espérance de Tunis avait été titrée après un incident similaire.

Supporters et joueurs lors de la CAN

Une tension qui dépasse le cadre sportif

Au-delà du verdict sportif, cette crise impacte la société Burkina Faso et l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, où la solidarité régionale est forte. L’actualité Burkina Faso suit de près ce dossier qui écorche l’image du football continental. En plus du retrait du titre, des amendes colossales ont été infligées aux deux fédérations pour manquements au fair-play. Parallèlement, le sort de 18 supporters sénégalais détenus pour hooliganisme reste en suspens, leur procès en appel ayant été décalé à la fin du mois de mars.

Alors que l’économie Faso et les dynamiques sportives africaines sont étroitement liées, l’issue de cette bataille juridique au TAS sera déterminante pour l’avenir de la gouvernance de la CAF.