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Le scandale du départ libre de nicolas anelka du psg vers arsenal en 1997

Le scandale du départ libre de nicolas anelka du psg vers arsenal en 1997 : quand un espoir écrase les règles

En février 1997, le prodige de 17 ans nicolas anelka quitte le psg pour arsenal, déclenchant une crise juridique sans précédent dans le football français.

Nicolas Anelka avec Arsène Wenger, entraîneur d'Arsenal, deux mois après le transfert de l'attaquant parisien chez les Gunners.
Nicolas Anelka avec Arsène Wenger, entraîneur d’Arsenal, deux mois après son transfert du psg.

« Il n’y a ni gagnant, ni perdant. » Le 22 février 1997, michel denisot, président délégué du psg, tente de minimiser l’impact du départ de nicolas anelka. Le jeune attaquant de 17 ans, formé à clairefontaine, signe gratuitement à arsenal pour six saisons. Si le club parisien encaisse une indemnité de 5 millions de francs (soit environ 1,19 million d’euros actuels), le salaire du joueur explose : de 3 800 francs hors primes (900 euros) à 500 000 francs (120 000 euros) par mois. Une aubaine pour anelka, qui devient malgré lui le symbole d’une génération sacrifiée par les clubs français.

« Les dirigeants du psg présentent l’affaire comme ça les arrange. Ils disaient que je ne partirais pas et qu’il n’y aurait jamais d’accord avec arsenal. Finalement, il y a un accord et je pars. Alors, qui est le perdant ? » Le ton est donné. Anelka, accompagné de son père, officialise son départ à londres l’après-midi même de l’annonce. Le joueur, qui n’a jamais signé de contrat professionnel avec le psg, claque la porte en beauté.

« Vous vouliez un joker ? Vous l’avez »

Ricardo, entraîneur du psg en septembre 1996, après les performances tonitruantes de son jeune attaquant contre lens.

Nicolas anelka avait fait ses débuts en première division le 7 février 1996 à monaco (0-1). En septembre, face à lens (4-0), il inscrit un but et délivre une passe décisive. « Vous vouliez un joker ? Vous l’avez », lance ricardo, impressionné par le talent précoce du jeune homme. Pourtant, le parcours d’anelka au psg tourne au cauchemar. En 1996-1997, il n’est titularisé qu’une seule fois en championnat, totalisant huit entrées en jeu.

La situation se dégrade à l’automne 1996. Le club parisien propose un contrat professionnel à son espoir, mais anelka refuse. « Le psg ne fait pas confiance aux jeunes. Il y en a très peu qui ont percé et ceux qui y sont parvenus étaient encore remplaçants à 24 ans », déclare-t-il dans la presse. L’arrivée en prêt de cyrille pouget en décembre, perçue comme un manque de confiance, achève de le convaincre de partir.

« Le psg ne fait pas confiance aux jeunes. Il y en a très peu qui ont percé »

Nicolas anelka, expliquant son refus de signer un premier contrat professionnel avec le club parisien.

Le 13 janvier 1997, david dein, vice-président d’arsenal, envoie un fax explosif au psg : « Conformément aux règlements internationaux, nous allons prendre contact avec votre joueur nicolas anelka. » Le lendemain, dans un hôtel parisien, anelka et son père signent un contrat de six ans avec les gunners, valable à partir du 1er juillet. Le club londonien mise sur un joueur au profil technique et explosif, idéal pour son jeu offensif.

Exclusion du groupe pro et menace de prêt

L’information fuite dans la presse le 15 janvier. Le psg, furieux, exclut anelka du groupe professionnel et le relègue au centre de formation. Michel denisot parle d’une « attitude d’une rare muflerie ». Pire encore : le club menace de le prêter au servette fc jusqu’à la fin de la saison, une sanction humiliante pour le jeune joueur.

Noël le graët, alors président de la ligue nationale de football, soutient le psg et demande à la fff de refuser la lettre de sortie d’anelka. Selon lui, la charte française du football impose aux jeunes formés dans un club de signer leur premier contrat professionnel avec celui-ci. Mais la réglementation française se heurte au droit communautaire européen, renforcé par l’arrêt bosman de décembre 1995.

« Les lois européennes me rendent serein »

Arsène wenger, manager d’arsenal, défendant la légalité du transfert.

Wenger rappelle que l’arrêt bosman autorise un joueur à rejoindre un club à l’expiration de son contrat sans indemnité. « À la fin d’un contrat, un joueur est libre d’aller où il veut sans indemnités. Anelka peut donc, en juin à expiration de son contrat d’aspirant, venir à arsenal, sans que personne ne puisse lui contester cette décision. »

La fifa, saisie par la lnf, doit trancher. Mais avant même sa décision, le psg et arsenal trouvent un accord en moins de 48 heures. « Il y a eu un trou dans la raquette. Cela n’a pas été un moment très agréable à vivre pour les deux clubs. Il s’est avéré que tout le monde avait le droit de faire ce qu’il a fait. Cela a fait du bruit à l’époque parce qu’un très grand joueur partait libre au sortir de sa formation. Nicolas était un jeune joueur. Avec ricardo, on avait le souci de l’emmener le plus haut possible, tout en le protégeant. Lui voulait partir. C’est comme ça. On avait très peu de marge. »

Nicolas Anelka (à droite) avec Jérôme Leroy sous les couleurs du psg en octobre 1996 à rennes.
Nicolas Anelka (à droite) avec Jérôme Leroy sous les couleurs du psg en octobre 1996 à rennes.

Le transfert d’anelka marque un tournant dans le football français. Malgré les menaces de la lnf, arsenal parvient à recruter le jeune attaquant sans débourser un centime. Le joueur, devenu professionnel dans les règles, rejoint les gunners en juillet 1997.

Arsenal rentabilise rapidement son investissement. Après une première saison difficile (quatre apparitions), anelka explose lors des deux suivantes. En 1998-1999, il devient le premier joueur non-britannique à remporter le trophée de meilleur jeune joueur de la premier league. Mais sa carrière londonienne tourne court. En 1999, il quitte arsenal pour le real madrid contre une indemnité de 220 millions de francs (51,6 millions d’euros), un record pour l’époque.