Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Politique

Le président Bassirou Diomaye Faye et la rupture politique avec Ousmane Sonko : les coulisses d’une décision contestée

Le président Bassirou Diomaye Faye et la rupture politique avec Ousmane Sonko : les coulisses d’une décision contestée

Portrait de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko lors d'un échange politique

Les tensions entre le chef de l’État et son ancien Premier ministre s’intensifient après une demande inhabituelle. Bassirou Diomaye Faye aurait sollicité Ousmane Sonko pour présenter leur séparation comme un accord mutuel, une proposition catégoriquement rejetée.

Les raisons d’une rupture politique inédite

Les révélations d’Ousmane Sonko mettent en lumière les circonstances de son limogeage. Selon ses déclarations, le président aurait insisté pour que la fin de leur collaboration soit présentée comme une décision conjointe, une requête qu’il qualifie d’inacceptable.

« Il m’a demandé de déclarer que nous nous sommes séparés d’un commun accord, mais je n’ai pas pu accepter, car il n’y avait eu aucune discussion préalable. Sa décision a été prise unilatéralement », confie-t-il. Les échanges qui ont suivi ce limogeage révèlent des désaccords profonds sur la manière de gérer cette transition.

Un processus de départ marqué par des tensions

Ousmane Sonko affirme avoir proposé un délai de 24 à 48 heures pour organiser les modalités pratiques de cette séparation. Pourtant, il accuse la présidence d’avoir lancé le processus sans concertation, notamment sur la communication politique à adopter.

Dans son récit, il décrit cette rupture comme une « libération » politique, soulignant qu’il n’en a pas été affecté. Dès le début de leur collaboration, il avait posé une condition : ne pas être à l’origine de cette séparation. Après l’annonce de son départ, il affirme être rentré chez lui immédiatement, marquant une période de silence entre les parties.

Les répercussions sur la formation du nouveau gouvernement

Les déclarations d’Ousmane Sonko évoquent également des tensions lors de la formation du nouveau gouvernement. Il affirme avoir appris que la présidence avait entamé des consultations avec des ministres sortants issus de Pastef, une initiative qu’il juge inappropriée.

Il conseille alors à ces ministres de ne pas répondre à cette convocation, insistant sur le fait que les échanges devaient transiter par les canaux officiels du parti. Cette position aurait exacerbé les tensions entre les différentes factions politiques.

Plusieurs jours de blocage ont suivi avant qu’une tentative de reprise de contact ne soit initiée. Ousmane Sonko propose alors une rencontre incluant plusieurs responsables politiques, dont Birame Souleye Diop, El Malick Ndiaye, Alioune Sall et Daouda Ngom. Une initiative qui, selon lui, n’a jamais abouti.

Les questions en suspens après la rupture

Les dernières discussions, menées avec le Premier ministre Al Aminou Lo, n’ont abouti à aucune décision concernant les demandes formulées par Ousmane Sonko. Parmi ces demandes figuraient notamment des clarifications sur les questions de justice, de reddition des comptes et de gestion de la dette publique.