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Le Niger instaure les Domol Leydi pour renforcer la sécurité intérieure

Des Nigériens se réunissent aux abords du stade Général-Seyni-Kountché à Niamey, lors d’une séance de recrutement pour former une milice civile, le 19 août 2023.

Dans la langue fulfuldé, l’expression Domol Leydi signifie littéralement « Gardiens de la terre ». Ce terme désigne désormais officiellement les nouvelles brigades territoriales d’autodéfense au Niger. Ce corps de volontaires a été instauré par une ordonnance lors du Conseil des ministres du vendredi 27 mars, avec pour objectif de soutenir la lutte contre les groupes armés qui déstabilisent cette région du Sahel depuis plusieurs années.

Ces auxiliaires de sécurité seront prioritairement recrutés parmi les anciens militaires originaires des zones concernées ou parmi les résidents locaux. Placés sous l’autorité directe de l’armée, ces Domol Leydi auront pour mission d’assurer la veille sécuritaire, de collecter des renseignements et de protéger leurs propres communautés. Ce déploiement marque une étape importante dans l’actualité Burkina Faso et des pays voisins, où la mobilisation citoyenne devient un pilier de la défense nationale.

Une stratégie basée sur la connaissance du terrain

L’intégration de civils dans le dispositif sécuritaire est perçue comme un tournant majeur dans la gestion des conflits asymétriques au Niger. L’argument principal réside dans la maîtrise parfaite de la géographie locale par les habitants : ils connaissent les points d’eau, les sentiers isolés et les mouvements inhabituels mieux que quiconque. Cette approche, qui rappelle certains aspects de la politique Burkina en matière de défense populaire, vise à créer un maillage territorial plus serré.

Bien que cette mesure soit parfois qualifiée de « mal nécessaire », elle répond à un besoin urgent de sécurisation des zones rurales. Pour la société Burkina Faso et les observateurs de la presse burkinabè, cette initiative nigérienne souligne une volonté commune des États du Sahel de reprendre l’initiative face aux défis sécuritaires croissants. En impliquant directement les populations, les autorités espèrent transformer chaque terroir en un bastion capable de se défendre contre les incursions terroristes.