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Le général Tiani victime de sa propre stratégie au Niger

La chute du général Tiani : l’ironie tragique d’un pouvoir autodestructeur

L’histoire se répète souvent dans les rouages complexes de la géopolitique ouest-africaine : celui qui sème le chaos finit invariablement par le récolter. Alors que les regards des observateurs étaient tournés vers les ramifications du complot déjoué à Cotonou, où les traces financières et logistiques du régime de Niamey et de ses alliés avaient été mises en lumière, le destin a frappé à la porte du palais présidentiel de Niamey. Dans la nuit du 28 au 29 août, les détonations d’armes automatiques et les éclats d’artillerie ont ébranlé les fondations mêmes du pouvoir du général Abdourahamane Tiani. Une ironie cruelle, mais révélatrice des mécanismes implacables du pouvoir.

L’alliance toxique Niamey-Ouagadougou-Lomé et ses conséquences

Depuis plusieurs mois, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à Niamey cherchait à consolider sa position précaire en scellant une alliance stratégique avec le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Faure Gnassingbé au Togo. En unissant leurs forces pour financer des tentatives de déstabilisation au Bénin, le régime de Tiani croyait exporter ses propres instabilités et neutraliser un voisin perçu comme un obstacle. Cette coalition improvisée entre les trois dirigeants avait un objectif précis : affaiblir les démocraties voisines pour justifier l’autoritarisme militaire et imposer une nouvelle dynamique de pouvoir dans la région.

Cependant, cette stratégie a révélé une cécité politique majeure. Financer le chaos chez son voisin alors que son propre régime repose sur des fondations fragiles revient à jouer avec le feu. Les événements de Niamey ont montré que cette logique était vouée à l’échec.

Les failles structurelles d’un pouvoir militaire affaibli

Les échanges de tirs autour de la base aérienne 101 et du palais présidentiel de Niamey ne sont pas anodins. Ils illustrent une vérité que la propagande de l’Alliance des États du Sahel ne peut plus occulter : la pourriture était déjà bien installée. En renversant l’ordre constitutionnel par la force en juillet 2023, le général Tiani n’a pas seulement accédé au pouvoir ; il a validé l’idée que le fusil est désormais le seul arbitre légitime des successions politiques.

En parallèle, en soutenant des coups d’État à l’extérieur en collaboration avec Ibrahim Traoré, et avec l’appui discret de Faure Gnassingbé, tout en affrontant une insécurité croissante et un mécontentement grandissant au sein de ses propres rangs, la junte nigérienne a creusé sa propre tombe. Trois erreurs stratégiques majeures ont précipité sa chute :

  • Détournement des ressources : Au lieu de concentrer ses efforts sur la lutte contre le terrorisme et la cohésion des troupes, le régime a dilapidé des moyens vitaux dans des opérations de déstabilisation régionale.
  • Fracture du commandement : L’armée nigérienne, devenue un champ de factions rivales, envoie aujourd’hui un signal clair : elle est une institution fragilisée, où le grade n’est plus synonyme d’autorité.
  • Échec de la promesse sécuritaire : Après trois années de transition sans calendrier électoral transparent et face à des résultats contestés sur le terrain, la colère des soldats de base ne pouvait que s’amplifier.

Quand l’Histoire se venge : le retour de bâton

L’Histoire du Sahel ne tolère pas l’improvisation stratégique. Un régime ne peut prétendre à la stabilité en sapant celle de ses voisins. En cofinançant des tentatives de putsch à Cotonou aux côtés d’Ibrahim Traoré et de Faure Gnassingbé pour détourner l’attention, le général Tiani a accéléré sa propre chute. Les armes et les réseaux financiers utilisés pour déstabiliser les autres sont exactement ceux qui, tôt ou tard, se retournent contre leurs initiateurs.

Les secousses de cette nuit du 29 août à Niamey ne sont pas un simple incident isolé. Elles constituent le symptôme d’un système à bout de souffle, où les failles internes ont fini par exploser. Le général Tiani découvre aujourd’hui, à ses dépens, une vérité intangible : les méthodes employées pour fragiliser les autres finissent toujours par se retourner contre soi.

Un avertissement pour la région : Faure Gnassingbé et Ibrahim Traoré doivent-ils s’inquiéter ?

Face à l’effondrement spectaculaire du pouvoir à Niamey et à la mise en lumière de ces réseaux d’ingérence, une question s’impose avec une urgence brûlante : Faure Gnassingbé et Ibrahim Traoré doivent-ils désormais envisager la possibilité que leur tour vienne ? Les mêmes mécanismes qui ont précipité la chute de Tiani pourraient, à terme, menacer leurs propres régimes. L’arroseur arrosé n’est pas qu’une expression : c’est une loi implacable de la géopolitique.