Le Gabon à l’ONU : un plaidoyer retentissant pour une révolution des financements climatiques
En marge du Forum politique de haut niveau des Nations Unies, la mission permanente de l’Union Africaine a servi de cadre au lancement du rapport conjoint OCDE-OIF/IFDD, axé sur l’accès aux financements écologiques. Devant une assemblée internationale, Louise Pierrette Mvono, ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, a pris la parole avec conviction pour défendre la position de son pays. Elle a ainsi lancé un appel pressant en faveur d’une refonte profonde des mécanismes d’aide internationale dédiés au climat.
Le Gabon, avec une couverture forestière impressionnante de 88 % de son territoire, se distingue historiquement comme un puits de carbone net, jouant un rôle crucial dans la régulation climatique mondiale. Cependant, ce statut d’exemplarité en matière de conservation se heurte paradoxalement à des obstacles administratifs et linguistiques qui entravent considérablement l’obtention des fonds nécessaires.
Saluant la rigueur de l’étude présentée, Louise Pierrette Mvono a mis en lumière cette contradiction flagrante : les efforts colossaux de préservation déployés par le Gabon exigent en retour une aide financière internationale à la fois prévisible, équitable et proportionnée, loin des lenteurs bureaucratiques actuelles.
Une stratégie nationale proactive pour le développement durable
Loin de l’attentisme, Libreville a déjà initié des actions concrètes. À l’approche de la présentation du deuxième Examen National Volontaire du pays devant l’ONU, la ministre a mis en avant la structuration rigoureuse de la transition gabonaise vers une économie plus verte.
Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 intègre déjà des instruments financiers novateurs, tels que les obligations vertes et les crédits carbone. L’accréditation de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) du Gabon par le Fonds Vert pour le Climat témoigne de cette ambition d’autonomie financière. Par ailleurs, un partenariat de 60 millions de dollars, le « Country Package », formalisé lors de la COP16 de Cali, illustre une approche intégrée qui lie étroitement climat, biodiversité et développement local.
Trois pistes essentielles pour l’avenir des financements
Pour que les engagements mondiaux se traduisent enfin par des bénéfices tangibles sur le terrain, la ministre a soumis trois propositions clés aux institutions financières internationales. Premièrement, soutenir les acteurs locaux en favorisant l’accréditation directe des institutions nationales, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des intermédiaires internationaux. Deuxièmement, renforcer les capacités humaines en finançant des programmes de formation continue, essentiels pour concevoir localement des projets écologiques viables et bancables. Enfin, monétiser le capital naturel en instaurant des mécanismes rigoureux de paiement pour services écosystémiques et des marchés carbone transparents, reconnaissant ainsi la valeur systémique inestimable des forêts tropicales.
Par ce plaidoyer résolument pragmatique, le Gabon souligne que la survie de notre planète dépendra intrinsèquement de la capacité des nations développées à simplifier et à accélérer le financement destiné aux pays qui sont en première ligne de la conservation environnementale.