Laurent gbagbo reste président du ppa-ci après un congrès historique
Laurent Gbagbo conserve la présidence du PPA-CI après un congrès marquant
Malgré ses annonces de retrait en 2025, Laurent Gbagbo, figure historique de la politique ivoirienne, a été maintenu à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. Cette décision survient dans un contexte politique particulièrement tendu pour son parti, marqué par des boycotts électoraux et une fragmentation croissante de la gauche ivoirienne.
Un leadership confirmé malgré les défis
À quelques mois de ses 81 ans, le 31 mai prochain, Laurent Gbagbo a finalement été reconduit à la présidence du PPA-CI lors d’un congrès tenu à Abidjan. Cette décision, validée par l’acclamation des délégués présents, marque un retournement par rapport à ses déclarations antérieures où il affirmait vouloir se retirer de la vie politique et abandonner toute fonction dirigeante dans son parti.
Son retour sur le devant de la scène politique s’est accompagné d’un accueil chaleureux de la part de ses partisans, réunis au Palais des congrès de Treichville. « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaude, je vous remercie », a-t-il déclaré lors d’une brève intervention, avant d’ajouter qu’un discours plus détaillé serait prononcé le lendemain à Songon, dans le sud du pays.
Un parti affaibli par les boycotts électoraux
Le PPA-CI traverse une période difficile, notamment après avoir boycotté les dernières élections législatives de décembre. Sans député ni soutien à un candidat lors de la présidentielle d’octobre 2025, le parti se retrouve marginalisé sur la scène politique nationale. Cette situation contraste avec l’influence qu’il a pu exercer par le passé, notamment lors de la présidence de Laurent Gbagbo entre 2000 et 2011.
Plusieurs figures emblématiques de la gauche ivoirienne ont depuis quitté le parti, affaiblissant encore davantage sa cohésion. Parmi elles, on compte Simone Ehivet Gbagbo, son ex-épouse, Charles Blé Goudé, son ancien collaborateur de confiance, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre.
Sanctions et divisions internes
Le congrès a également été marqué par des mesures disciplinaires à l’encontre de membres du parti jugés trop indépendants. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle de 2025 contre la ligne du parti, a été exclu définitivement. Stéphane Kipré, élu député en tant qu’indépendant, a quant à lui écopé d’une suspension de 18 mois pour désobéissance.
Une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES) a également été adoptée, saluée par les délégués. Cette alliance, composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, entretient des relations tendues avec la Côte d’Ivoire, dirigée par Alassane Ouattara depuis 2011.
Quel avenir pour Laurent Gbagbo ?
Le principal obstacle à un retour de Laurent Gbagbo en politique reste son impossibilité de se présenter aux élections, en raison d’une condamnation pénale l’empêchant d’être inscrit sur les listes électorales. Une réinscription dépendrait d’une amnistie accordée par le président Alassane Ouattara, qui lui a succédé après une crise postélectorale particulièrement violente.
Son discours de samedi à Songon pourrait apporter des éclaircissements sur ses intentions futures et la stratégie du PPA-CI pour regagner en influence dans un paysage politique ivoirien en pleine mutation.