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Politique

Jean pierre bekolo alerte sur le chaos d’un Cameroun sans paul biya

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Jean Pierre Bekolo : « nous vivons déjà le chaos d’un Cameroun sans Paul Biya »

Le cinéaste camerounais Jean Pierre Bekolo partage son analyse inquiétante sur l’avenir du pays. Dans une tribune récente, il met en garde contre les conséquences d’une gouvernance sans l’autorité historique de Paul Biya.

Liliane Ndangue
||7 min de lecture
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Un Cameroun sans Paul Biya : l’avertissement de Jean Pierre Bekolo

L’autorité symbolique de Paul Biya, un rempart contre le chaos

Selon le cinéaste camerounais, l’autorité de Paul Biya a toujours maintenu une forme d’ordre, même dans les moments les plus critiques. « Même âgé, malade ou absent, il bénéficiait d’une reconnaissance symbolique que personne d’autre ne possède au Cameroun », explique-t-il. Pourtant, chaque jour révèle un peu plus les limites d’un système où l’ombre du président domine encore, alors que sa présence physique s’efface.

Les Camerounais assistent, impuissants, à une dégradation progressive des institutions. Les ministres, les magistrats et les hauts responsables semblent de plus en plus contestés, non pas pour leur incompétence, mais parce que leur légitimité repose uniquement sur leur proximité avec le pouvoir en place. « À chaque décision contestée, à chaque nomination contestable, c’est le nom de Paul Biya qui est invoqué », souligne Bekolo. Pourtant, cette référence ne suffit plus à masquer les dysfonctionnements croissants.

Les réseaux d’influence, nouvelle menace pour la République

Le Cameroun fait face à une montée en puissance d’entourages familiaux et claniques qui s’arrogent des prérogatives dépassant largement leurs fonctions officielles. Les richesses nationales, notamment les ressources minières, échappent de plus en plus au contrôle de l’État, au profit de réseaux opaques. « Quand un ministre des Mines déclare publiquement que l’or exploité n’est pas celui de l’État, cela révèle une perte de souveraineté », analyse le cinéaste.

Les citoyens s’interrogent : qui gouverne vraiment le Cameroun aujourd’hui ? Les institutions, autrefois respectées, sont désormais perçues comme des coquilles vides. Le Conseil constitutionnel, accusé d’avoir validé des décisions politiques controversées, voit son autorité morale s’effriter. Les ministères, incapables de résoudre les problèmes quotidiens, persistent dans leur routine tandis que leurs dirigeants conservent leurs privilèges.

Vers un Cameroun ingouvernable ?

Les signes de déstabilisation se multiplient. Les mandats des dirigeants d’entreprises publiques s’éternisent sans justification, les réformes constitutionnelles sont adoptées dans l’opacité, et les décisions se prennent par délégation permanente. « La frontière entre l’autorité présidentielle et celle de son entourage devient de plus en plus floue », observe Bekolo. Chaque nomination, chaque succession est désormais contestée, chaque réforme est remise en cause.

Le Cameroun est entré dans une ère de contestation permanente, où les conflits d’influence, autrefois contenus, pourraient basculer dans la violence. « Les clans qui s’affrontent aujourd’hui par les médias et les réseaux sociaux ne tarderont pas à passer à une autre phase », prédit-il. Les assassinats politiques, autrefois rares, ne sont plus à exclure.

Une transition inévitable, mais mal préparée

Face à cette situation, Jean Pierre Bekolo appelle à une transition organisée et responsable. « Il est temps pour ceux qui ont suffisamment servi de faire leurs valises, non par contrainte, mais par devoir historique », déclare-t-il. Selon lui, la seule issue pacifique passe par un gouvernement provisoire chargé de rétablir la confiance, réformer les institutions et organiser des élections transparentes.

Refuser cette transition reviendrait à maintenir artificiellement un système condamné. Toutes les manœuvres visant à contourner la volonté populaire ne feraient qu’aggraver le chaos. « L’Histoire jugera sévèrement ceux qui, par intérêt ou par lâcheté, auront retardé l’inévitable », conclut-il.

Le Cameroun se trouve à un carrefour. Le choix entre une transition maîtrisée et un effondrement incontrôlé se joue aujourd’hui.