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Le Monde Afrique

Hadid kilo au Tchad : quand la ferraille exploite l’innocence des enfants

hadid kilo au Tchad : quand la ferraille exploite l’innocence des enfants

Dans les ruelles animées de N’Djamena, les cris perçants de « Hadid kilo ! Hadid kilo ! » résonnent désormais comme une mélodie inquiétante. Ce commerce de ferraille, autrefois marginal, s’est transformé en une activité lucrative qui attire désormais les regards des plus jeunes. Les pousse-pousse chargés de métaux usagés envahissent les quartiers, transformant cette pratique en un phénomène social préoccupant.

hadid kilo au Tchad : quand la ferraille exploite l'innocence des enfants

un commerce de ferraille devenu une tentation pour les mineurs

Ce commerce itinérant, qui consiste à racheter des objets métalliques à bas prix pour les revendre, séduit désormais des enfants souvent âgés de moins de dix ans. Les commerçants, majoritairement étrangers sans statut légal, proposent des sommes dérisoires en échange d’objets du quotidien : bouteilles de gaz, vélos, pièces de moteurs… Les gains rapides attirent ces mineurs, parfois poussés par la précarité ou simplement attirés par l’appât du gain.

Les quartiers populaires de N’Djamena, comme Ngabo, Ndjari ou Zafaye, sont les plus touchés. Dans ces zones, des enfants ont été repérés en train de vendre des biens familiaux pour des sommes dérisoires. Un enfant de dix ans a ainsi cédé la bouteille de gaz de sa mère pour seulement 600 FCFA. Un autre, âgé de huit ans, a vendu le vélo de son frère pour 250 FCFA. Ces transactions, bien que minimes, révèlent une réalité alarmante : l’exploitation des plus vulnérables par ce système.

l’exploitation des enfants, un cercle vicieux dangereux

Les parents, désemparés, dénoncent cette pratique qui normalise le vol chez les enfants. La facilité avec laquelle ces derniers obtiennent de l’argent en vendant des objets familiaux crée un précédent inquiétant. Certains mineurs, attirés par ces gains immédiats, développent des comportements à risque, comme le vol ou la revente illicite d’objets.

Les observateurs sociaux s’alarment : cette tendance, si elle n’est pas endiguée rapidement, pourrait s’étendre et favoriser une délinquance précoce. Les enfants, exposés à ces pratiques, risquent de s’engager dans des activités illégales, compromettant ainsi leur avenir et leur éducation.

appel à l’action des autorités et des communautés

Face à l’ampleur du phénomène, des voix s’élèvent pour demander une intervention urgente des autorités. Les habitants réclament des mesures strictes :

  • l’interdiction formelle de l’achat de ferraille auprès des enfants ;
  • le renforcement du contrôle des commerçants ambulants dans les quartiers ;
  • la sensibilisation des familles et des mineurs sur les dangers de ces pratiques ;
  • la mise en place de structures éducatives et sociales pour protéger les enfants vulnérables.

Certains estiment que des sanctions doivent être appliquées contre les commerçants qui exploitent les mineurs. D’autres plaident pour une collaboration entre les autorités locales, les associations et les communautés afin de créer un environnement protecteur pour les enfants.

L’urgence est palpable. Sans une réponse rapide et coordonnée, le phénomène « Hadid kilo » pourrait s’aggraver et laisser des cicatrices profondes sur l’enfance tchadienne, mettant en péril son avenir social et économique.