Gouvernement sénégalais : les craintes d’ousmane sonko face au nouveau garde des sceaux
gouvernement sénégalais : les craintes d’ousmane sonko face au nouveau garde des sceaux

Dès l’annonce de sa nomination au poste de Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr a suscité des interrogations au sein du parti Pastef. Ousmane Sonko, leader historique du mouvement, émet des réserves sur ce choix stratégique pour le ministère de la Justice, craignant des conséquences judiciaires pour son parti.
La récente composition du gouvernement a immédiatement fait réagir Ousmane Sonko. Le nouveau ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, est au cœur de ses préoccupations. Lors d’une prise de parole publique, le président de Pastef a tenu à exprimer ses craintes, tout en adressant des avertissements au Premier ministre Al Amine Lô et à certains membres de son propre camp ayant intégré l’exécutif.
Les premières critiques du gouvernement se concentrent sur le choix du Garde des Sceaux. Ousmane Sonko considère que la désignation de Me Moussa Sarr n’est pas anodine et pourrait relancer des tensions judiciaires déjà vives entre son parti et certaines juridictions.
« Le profil retenu pour diriger la Justice ne nous inspire aucune sérénité. Cet avocat a été impliqué, à divers degrés, dans des procédures judiciaires ayant marqué les relations tendues entre Pastef et les institutions judiciaires », a expliqué le leader politique. Malgré cette méfiance affichée, Sonko précise qu’il attendra les premiers actes concrets du nouveau ministre avant de trancher définitivement.
« Nous entretenons des doutes, mais nous jugerons sur pièces. Et nous agirons en conséquence, notamment au niveau de l’Assemblée nationale », a-t-il souligné, laissant entendre que Pastef exercera une vigilance accrue sur les décisions judiciaires à venir.
Al Amine Lô dans la ligne de mire de sonko
Les critiques de Ousmane Sonko ne s’arrêtent pas au seul Me Moussa Sarr. Le Premier ministre Al Amine Lô, présenté comme un technocrate à sa nomination, est également pointé du doigt. Le leader de Pastef lui reproche de s’écarter de son rôle technique pour s’immiscer dans des enjeux politiques.
« Je lui demande de rester à sa place de technocrate. Qu’il évite de s’engager dans des manœuvres politiques. S’il a été choisi pour ses compétences techniques, qu’il s’y limite », a-t-il déclaré sans détour. Sonko a même laissé entendre qu’il disposait d’informations sur certaines actions du chef du gouvernement, tout en appelant à la retenue. « J’ai été patient avec lui jusqu’à présent. Qu’il ne me pousse pas à réagir », a-t-il prévenu.
Des responsables de pastef sanctionnés pour leur ralliement
Les attaques de Ousmane Sonko visent aussi des figures de Pastef ayant rejoint l’équipe gouvernementale, en contradiction avec les orientations du parti. Parmi elles, Balla Moussa Fofana, Ibrahima Sy et Yankoba Diémé sont directement mis en cause.
Le président de Pastef leur reproche d’avoir accepté des postes ministériels sans concertation préalable avec les instances du mouvement. « Ces responsables agissent pour leur propre compte. Le moment venu, ils auront à rendre des comptes », a-t-il lancé, sans ambiguïté.
Ces déclarations illustrent les premières frictions politiques autour de la nouvelle équipe gouvernementale. Cependant, c’est bien la nomination de Me Moussa Sarr au ministère de la Justice qui cristallise les plus vives inquiétudes de Sonko, lequel se réserve le droit de confirmer ou d’infirmer ses craintes après avoir observé les premières actions du nouveau Garde des Sceaux.