Gouvernance des données personnelles : le RAPDP 2026 trace la voie en Afrique
Abidjan accueille la neuvième édition du RAPDP pour façonner l’avenir numérique africain
La capitale économique de la Côte d’Ivoire a ouvert ses portes à la neuvième conférence internationale du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP), un événement majeur qui s’étendra sur quatre jours. Cette rencontre d’envergure rassemble plus de trente nations, dont vingt-quatre délégations africaines, ainsi que des experts européens et des acteurs clés du secteur privé et des institutions spécialisées. Les débats s’articulent autour des défis cruciaux posés par l’intelligence artificielle, les plateformes numériques et les données biométriques sur le continent.
Sous la présidence du ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, la cérémonie d’ouverture a lancé des travaux intensifs. L’objectif ? Adopter la Déclaration d’Abidjan 2026-2030, un texte stratégique visant à encadrer la gouvernance numérique en Afrique. Parallèlement, les instances dirigeantes du réseau ont été renouvelées, marquant un tournant dans la coopération interétatique.
Le président du RAPDP, Amadou Hiro, a plaidé pour une mobilisation collective afin de construire une souveraineté numérique solide. Le ministre Ouattara a, quant à lui, rappelé que le thème « Réguler sans freiner l’innovation » invite à trouver un équilibre entre protection des citoyens et soutien à l’essor technologique.
Sécurité et dignité : les piliers d’une régulation équilibrée
Roger Félix Adom, président du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), a mis en lumière les enjeux humains et sécuritaires liés à la gestion des données. Pour lui, la protection des données personnelles ne se limite pas aux aspects techniques ou juridiques : elle impacte directement la vie privée, la dignité et la liberté des citoyens. Il a insisté sur le fait que la régulation doit être perçue comme un cadre protecteur, et non comme un obstacle, pour stimuler l’innovation dans l’écosystème numérique africain.
La Côte d’Ivoire, modèle de conformité et d’innovation réglementaire
Les autorités ivoiriennes ont présenté leur parcours exemplaire en matière de régulation des données. Dès 2013, le pays a adopté une loi sur les données à caractère personnel, suivie en 2015 par des campagnes de sensibilisation. En 2022, des contrôles de conformité ont été menés, et cette année 2026 marque une avancée majeure avec la création du fichier national des correspondants dédiés à la protection des données. Ces initiatives illustrent la volonté des régulateurs africains de s’unir face aux transformations technologiques mondiales et de promouvoir une approche harmonisée.