Gabon : une levée obligataire record de plus de 500 milliards de FCFA
Avec succès, le Gabon fait son retour sur les marchés financiers mondiaux en levant 920 millions de dollars, soit l’équivalent de 526 milliards de Francs CFA. Cette opération, saluée pour son ampleur, marque un tournant dans la stratégie économique du pays et confirme la confiance des investisseurs internationaux envers sa gestion financière.
Le ministère de l’Économie et des Finances précise que les remboursements de cette dette commenceront à partir de 2029, avec un différé d’amortissement de trois ans, et s’achèveront en 2033, à l’échéance finale de sept ans. Les fonds récoltés seront principalement utilisés pour financer des projets d’infrastructure publique et solder des arriérés de paiement, conformément aux orientations fixées par la loi de finances rectificative pour 2026.
Cette émission obligataire est le fruit de plusieurs semaines de négociations intensives menées par les autorités gabonaises avec des investisseurs institutionnels majeurs à l’échelle mondiale.

« Cette souscription a été largement sursouscrite, ce qui reflète la confiance renouvelée des marchés dans la solidité de la signature gabonaise et les réformes économiques en cours, notamment à travers le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030 (PNCD). Ce plan vise à stimuler la transformation économique et améliorer le quotidien des citoyens », explique un communiqué officiel.
Cette levée de fonds s’inscrit dans une volonté gouvernementale de renforcer les liens avec les investisseurs internationaux et de sécuriser les financements nécessaires au développement du pays.
Par ailleurs, cette initiative s’articule avec les échanges en cours avec le Fonds monétaire international (FMI), une mission d’évaluation étant prévue à Libreville en septembre 2026. L’objectif ? Conclure un accord économique et financier d’ici la fin de l’année.
Un financement sous haute surveillance
Un économiste de l’Université Omar Bongo analyse cette opération comme une validation de l’éligibilité du Gabon à bénéficier de financements extérieurs pour sortir de sa situation financière délicate. Selon lui, cette levée de fonds ne serait possible qu’avec l’aval des institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et FMI), ainsi que des bailleurs multilatéraux comme la France.
« Les dépenses prioritaires d’un État, comme pour un ménage, consistent d’abord à honorer ses dettes envers ses créanciers. Dans le cadre des finances publiques internationales, la dette extérieure représente la première charge à régler, avant tout autre engagement. Elle est considérée comme une dépense de fonctionnement, voire un outil de dépendance », explique-t-il.

Cette opération s’accompagne de conditions strictes et d’un suivi régulier par les institutions prêteuses, ce qui pourrait accentuer la dépendance du pays envers ces acteurs. « Ce financement apporte un certain soulagement à la gestion quotidienne de l’État, mais il faut craindre un retour sous l’influence des bailleurs et des partenaires financiers traditionnels de l’Afrique », avertit l’expert.
« Il est crucial que les dirigeants gabonais adoptent une gestion plus rigoureuse et vertueuse pour que ces fonds profitent durablement à la population », conclut-il.