Gabon : oligui nguema honoré par le cames, une nouvelle ère académique s’ouvre
Libreville, mardi – Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a été élevé à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre international des Palmes académiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). Cette distinction, remise lors de la 43ᵉ session du CAMES, marque une étape importante dans la stratégie gabonaise de repositionnement sur la scène intellectuelle africaine.
En recevant cette haute reconnaissance, le chef de l’État gabonais a souligné l’importance de placer le savoir au centre du développement national. La cérémonie, qui s’est déroulée en présence de responsables universitaires, de chercheurs et de délégations venues de plusieurs pays du continent, a été l’occasion pour lui de dédier cet honneur aux enseignants, chercheurs et étudiants, qu’il considère comme les véritables bâtisseurs du futur.
« Je sais que ces nobles métiers sont des sacerdoces, traversés par des épreuves et des difficultés. J’ai la profonde conviction que la société et l’État doivent mieux les reconnaître et les encourager », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema.
Ce message intervient alors que le Gabon intensifie ses investissements dans les infrastructures universitaires, la formation supérieure et la recherche scientifique. Derrière cette orientation se profile une conviction partagée sur le continent : la richesse des nations africaines dépendra moins de leurs matières premières que de leur capacité à produire de la connaissance, de l’innovation et du capital humain qualifié.
Le président gabonais a résumé cette vision en une formule qui dépasse les frontières nationales : « Il n’y a pas de destin national sans une recherche et un enseignement supérieurs forts et responsables. » Cette affirmation marque une rupture avec les modèles de développement longtemps centrés sur l’exploitation des ressources naturelles, inscrivant désormais l’éducation et la science dans les priorités stratégiques.
Le CAMES et ses défis historiques
Créé en 1968, le CAMES est l’une des plus importantes institutions de coopération universitaire du continent. Avec ses dix-neuf États membres, il joue un rôle clé dans l’évaluation des enseignants-chercheurs, l’harmonisation des diplômes et la promotion de la recherche scientifique. Pour le professeur Charles Edgar Mombo, président en exercice du Conseil des ministres du CAMES, l’enjeu dépasse le cadre académique.
« Au-delà de son caractère honorifique, cette présidence constitue un levier stratégique permettant d’orienter les grandes priorités de l’institution et de renforcer la place du pays qui l’exerce dans le concert académique africain », a-t-il souligné.
Sous l’impulsion du Gabon, plusieurs priorités majeures sont envisagées : la mobilité des étudiants et des enseignants, la reconnaissance mutuelle des diplômes, la modernisation des cursus, l’adaptation des formations aux mutations technologiques et l’amélioration de l’employabilité des diplômés. L’institution doit également relever un défi de taille : renforcer la visibilité internationale de la recherche africaine dans un environnement universitaire mondial dominé par les grands pôles américains, européens et asiatiques.
Libreville veut devenir une capitale du savoir africain
L’ambition gabonaise ne se limite pas à la gestion administrative du CAMES. Libreville aspire à accueillir le prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation. Une telle rencontre constituerait un signal politique fort, consacrant le retour du Gabon comme acteur d’influence dans les débats continentaux et offrant une tribune pour promouvoir sa stratégie de développement fondée sur le capital humain.
Cette perspective s’inscrit dans un contexte où l’Afrique connaît la plus forte croissance démographique étudiante au monde. D’ici à 2050, plusieurs centaines de millions de jeunes Africains entreront dans l’enseignement supérieur, conditionnant directement la compétitivité économique du continent. C’est dans cette bataille du savoir que le Gabon cherche à se positionner.
La distinction attribuée à Brice Clotaire Oligui Nguema apparaît ainsi comme la reconnaissance d’une orientation politique qui place l’université, la recherche et l’innovation au cœur du développement. Plus qu’une récompense personnelle, cette Grand-Croix du CAMES consacre une idée centrale dans les nouvelles stratégies africaines : le XXIe siècle sera celui de la connaissance. Et le Gabon entend prendre toute sa place dans cette transformation historique.