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Gabon : l’économie extractive fragilisée par la chute des hydrocarbures mais portée par le manganèse en 2026

Au premier trimestre 2026, le secteur extractif gabonais a connu un recul de 2,9 %, principalement imputable à la baisse de production des hydrocarbures. Pourtant, la filière manganèse a continué de progresser, offrant un contrepoids à cette tendance négative. Cette divergence reflète les défis structurels auxquels fait face l’économie gabonaise, fortement dépendante des revenus pétroliers.

Un secteur pétrolier en déclin structurel

La contraction du secteur extractif s’explique avant tout par le repli des hydrocarbures, dont la production est pénalisée par le vieillissement des gisements, les retards de maintenance et un manque d’investissements suffisants pour compenser l’épuisement naturel des réserves. À Libreville, cette situation pèse lourdement sur les finances publiques, le pétrole représentant la première source de recettes d’exportation du pays.

Les autorités gabonaises suivent de près cette évolution, d’autant que le budget national reste étroitement lié aux fluctuations des cours mondiaux et de la production locale. Les grands groupes internationaux réorientent leurs investissements vers des bassins plus prometteurs ou moins exploités, mettant en lumière la nécessité pour le Gabon de renforcer l’attractivité de son secteur amont.

Le manganèse, un pilier de résilience économique

Face au recul des hydrocarbures, la filière minière gabonaise, notamment celle du manganèse, affiche une dynamique positive. Le Gabon, parmi les premiers producteurs mondiaux de ce minerai, a vu sa production progresser de manière soutenue. Cette croissance s’inscrit dans la durée, portée par la demande croissante de l’industrie sidérurgique asiatique et par l’essor des nouvelles technologies de batteries.

Ce minerai stratégique permet au pays de diversifier ses recettes et d’envisager une transformation locale accrue. Des projets d’agglomération et de production de silicomanganèse sont en développement, visant à capter davantage de valeur ajoutée avant l’exportation, une stratégie désormais adoptée par plusieurs pays miniers d’Afrique.

Vers une économie moins dépendante du pétrole

Les données de la DGEPF soulignent l’urgence pour le Gabon de réduire sa dépendance aux hydrocarbures et de renforcer sa souveraineté productive. La Société équatoriale des mines (SEM), active dans plusieurs projets stratégiques, incarne cette volonté de maîtriser davantage les segments clés de l’extraction.

Parallèlement, des mesures sont envisagées pour relancer le secteur pétrolier : appels d’offres offshore, modernisation du cadre contractuel et incitations fiscales à l’exploration. Cependant, les délais entre découverte et mise en exploitation, souvent supérieurs à cinq ans, imposent une vision à moyen terme pour les décideurs.

L’équation économique gabonaise repose désormais sur trois axes : relancer les hydrocarbures pour préserver les équilibres budgétaires, consolider la filière manganèse pour sécuriser des revenus stables, et préparer l’après-pétrole via la transformation locale et la diversification. Le premier trimestre 2026 rappelle que cet exercice d’équilibriste exige une planification rigoureuse et une gestion proactive des ressources.