Gabon : le gouvernement parie sur le modèle «gaz
À l’horizon 2030, le Gabon entend opérer une transformation radicale de son paysage énergétique. En publiant son Pacte national de l’énergie en juin 2026, Libreville formalise son engagement dans la dynamique panafricaine « Mission 300 ». L’ambition affichée est claire : faire de l’électricité le moteur principal de la souveraineté nationale et du développement industriel. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit de porter la capacité globale installée du pays à 1 100 MW d’ici la fin de la décennie, s’appuyant sur un mix résolument tourné vers l’avenir.
Pour rompre définitivement avec la dépendance coûteuse au diesel et au fioul lourd, les autorités misent sur un modèle hybride combinant gaz naturel et hydroélectricité. Le potentiel est immense, le pays disposant de ressources hydrauliques estimées entre 5 000 et 6 000 MW encore largement sous-exploitées.
Parallèlement au verdissement de sa production, le Gabon place l’équité sociale au cœur de sa feuille de route. Le plan ambitionne d’atteindre un taux d’accès à l’électricité supérieur à 95 % en connectant quelque 87 500 nouveaux ménages, améliorant ainsi directement le quotidien de près de 347 000 concitoyens.
Le défi du financement et de la modernisation
Cette transition d’envergure nationale exige des moyens financiers à la hauteur de ses ambitions. Pour la période 2026-2030, l’enveloppe globale des investissements nécessaires est évaluée à 4,2 milliards de dollars américains. Face à l’ampleur de ce montant, l’État gabonais compte fortement mobiliser les capitaux privés à travers des partenariats stratégiques. Ces projections financières devront toutefois être affinées et validées lors de la publication prochaine du Plan directeur de production, transport et distribution.
Au-delà de la recherche de financements, le véritable test de cette politique résidera dans la modernisation des infrastructures existantes. Bien que la capacité installée hors autoproduction affichait déjà 886 MW en 2024, l’efficacité du réseau national demeure perfectible. Les opérateurs du secteur font face à des pertes techniques chroniques, des tensions financières persistantes et des défis majeurs liés à la qualité du service. Le succès de la « Mission 300 » version gabonaise dépendra donc de la capacité du pays à concrétiser ses grands projets structurants tout en remédiant aux fragilités de son réseau de distribution.