Frappes de drone au Mali : au moins dix civils tués lors d’un mariage
Frappes de drone au Mali : au moins dix civils tués lors d’un drame à Téné
Un drame s’est produit dimanche dans le centre du Mali, où des frappes de drone menées par l’armée ont coûté la vie à au moins dix civils. Parmi les victimes figuraient des jeunes en route pour célébrer un mariage collectif traditionnel à Téné, une localité située dans la région de San. Ce bilan tragique illustre l’ampleur des tensions sécuritaires qui secouent actuellement le pays.

Un mariage transformé en deuil
Ce qui devait être un moment de joie pour la communauté de Téné s’est mué en drame insoutenable. Les frappes ont visé un cortège de motos, un détail qui a probablement attiré l’attention des drones. Selon les témoignages recueillis sur place, au moins neuf personnes auraient péri sur le coup, portant le bilan à dix morts après les soins d’urgence. Les habitants, sous le choc, décrivent une scène de désolation où la célébration traditionnelle a laissé place à la douleur.
Un élu local a confirmé ce bilan macabre : « Un mariage devait avoir lieu quand les drones ont frappé, tuant au moins dix civils. C’est un véritable deuil pour notre communauté. » Les autorités locales évoquent des tirs dont l’origine reste floue, aggravant l’incertitude qui pèse sur les responsabilités de cet événement.
Une crise sécuritaire qui s’aggrave
Ces frappes surviennent dans un contexte de tensions extrêmes au Mali. Depuis fin avril, le pays est secoué par des attaques d’une ampleur sans précédent, menées par des groupes armés jihadistes et des rebelles touarègues. La région de San, où se situe Téné, est particulièrement touchée par ces violences, avec des combats intenses et des représailles ciblant les civils.
Les autorités maliennes, affaiblies par ces événements, ont perdu le contrôle de plusieurs zones clés, dont la ville de Kidal. Les déplacements de troupes et les blocus routiers se multiplient, aggravant la situation humanitaire. Les civils, souvent pris pour cible, subissent de plein fouet les conséquences de cette escalade.
Les dernières attaques, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), allié à Al-Qaïda, ont fait des dizaines de morts dans le centre du pays début mai. Ces événements rappellent la fragilité de la stabilité au Mali, où les alliances locales et internationales peinent à endiguer la spirale de violences.
Des représailles et des plaintes en hausse
Les civils maliens se retrouvent régulièrement pris entre les feux croisés des groupes armés, de l’armée et de ses alliés. Les accusations de collaboration avec l’ennemi entraînent souvent des représailles brutales, laissant les populations sans protection. Début mai, des organisations de la société civile ont saisi la Cour africaine des droits de l’homme, dénonçant les violations présumées commises par les forces maliennes et leurs alliés.
Le drame de Téné s’inscrit dans cette dynamique de violence et d’impunité, où chaque incident alimente un cycle de vengeance difficile à briser. Les habitants, traumatisés, appellent à une enquête transparente pour identifier les responsables et éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.