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France porte une résolution onusienne pour défendre les droits lgbt+ après la loi sénégalaise

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé ce week-end sur la plateforme X que la France soumettait au Conseil des droits de l’homme des Nations unies une proposition de résolution visant à interdire aux États de pénaliser les personnes LGBT+. Cette démarche diplomatique française survient seulement deux mois après l’adoption d’une loi sénégalaise renforçant la répression de l’homosexualité, dans un contexte où un ressortissant français est actuellement incarcéré à Dakar en vertu de ce nouveau texte.

Une initiative française dans un contexte de tensions croissantes

« Vous pouvez compter sur la France : elle agit, et continuera d’agir, pour faire avancer l’agenda international des droits humains », a déclaré le chef de la diplomatie française. Il a souligné le renforcement d’un mouvement conservateur dans de nombreuses régions du monde depuis plus d’une décennie.

La loi sénégalaise de mars 2026 : un durcissement historique

Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté à l’unanimité un texte législatif qui alourdit significativement les sanctions contre les actes « contre nature ». La peine maximale d’emprisonnement est passée de cinq à dix ans, tandis que les amendes ont été multipliées par dix, atteignant désormais dix millions de francs CFA. Le projet de loi, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko comme un symbole de souveraineté nationale, instaure également un délit de promotion, de soutien ou de financement de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Volker Türk avait précédemment mis en garde Dakar contre la promulgation de ce texte, le jugeant incompatible avec les engagements internationaux du pays. Du côté français, le porte-parole du Quai d’Orsay Pascal Confavreux avait exprimé dès le 16 avril la préoccupation de Paris, indiquant que Jean-Noël Barrot avait discuté de ce sujet avec son homologue sénégalais Cheikh Niang lors d’un entretien au ministère des Affaires étrangères.

Un Français détenu au Sénégal pour infraction à la nouvelle loi

Depuis le 14 février, un citoyen français est incarcéré à Dakar pour des faits relevant de la législation sénégalaise récemment renforcée. Le consulat français à Dakar a réalisé quatre visites de suivi, en coordination avec les services du ministère des Affaires étrangères, qui maintiennent un contact permanent avec sa famille. Par ailleurs, un tribunal dakarois a condamné le 10 avril un jeune Sénégalais né en 2002 à six années de prison ferme pour des motifs similaires.

D’après les données du ministère français des Affaires étrangères, 62 pays dans le monde criminalisent encore les relations homosexuelles consensuelles, dont onze appliquent la peine de mort. La date de présentation du projet de résolution français devant le Conseil des droits de l’homme à Genève n’a pas encore été dévoilée.