Fermeture controversée de la grande mosquée de Ouagadougou par le régime militaire burkinabè
Le régime militaire en place au Burkina Faso a marqué un tournant en ordonnant la fermeture immédiate de la grande mosquée sunnite de Ouagadougou. Cette décision intervient après des journées de tensions consécutives aux rassemblements de fidèles protestant contre l’arrestation d’un imam influent, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement de transition.
Une mosquée fermée « jusqu’à nouvel ordre »
L’administration militaire burkinabè a justifié cette mesure exceptionnelle en invoquant des « risques pour l’ordre public ». La décision, prise par le gouverneur de la région de Ouagadougou, intervient après plusieurs jours de mobilisation des fidèles autour du lieu de culte. L’imam visé, Mohamad Ishaq Kindo, est une figure religieuse dont les discours récents ont ciblé une loi controversée sur les libertés religieuses au Burkina Faso.
Des arrestations massives lors des manifestations
Depuis l’interpellation de l’imam mardi dernier, des centaines de fidèles se sont réunis quotidiennement devant la mosquée pour réclamer sa libération. Les forces de sécurité, déployées en renfort, ont procédé à des interpellations musclées. Selon des sources internes, près d’une centaine de manifestants ont été conduits vers un centre de détention où ils suivent désormais un programme de « rééducation civique et citoyenne ». Des enregistrements montrent des individus en tenue militaire exécutant des exercices physiques et des prières sous la surveillance de soldats, bien que l’authenticité de ces images n’ait pu être confirmée de manière indépendante.
Contexte politique et tensions religieuses
Cette crise s’inscrit dans un climat politique déjà tendu au Burkina Faso, où le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête du régime depuis le coup d’État de septembre 2022, durcit progressivement son contrôle. L’arrestation de l’imam Kindo coïncide avec une période de restrictions accrues, notamment sur les activités religieuses, suscitant des inquiétudes au sein des communautés musulmanes du pays.