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Politique

Félix Tshisekedi : un troisième mandat qui menace la démocratie en RDC

En République démocratique du Congo (RDC), l’autorité politique actuelle trace une trajectoire sans ambiguïté. Le récent verdict de la Cour constitutionnelle offre à Félix Tshisekedi un levier institutionnel sans précédent : celui de contourner la limite constitutionnelle des deux mandats en instaurant une « nouvelle République ». Sous prétexte de « moderniser » des textes jugés obsolètes, le pouvoir installe progressivement une emprise durable sur les institutions, plongeant le pays dans une dérive autoritaire aux conséquences alarmantes.

Pendant ce temps, l’espace démocratique se réduit comme peau de chagrin. Les rassemblements pacifiques portés par l’opposition sont systématiquement réprimés dans la violence par les forces de l’ordre. Les arrestations arbitraires de responsables politiques et d’activistes se multiplient, tandis que les critiques, y compris la condamnation sans équivoque de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), sont délibérément ignorées par le chef de l’État.

Un silence international complice des dérives autoritaires

Face aux manœuvres évidentes de Félix Tshisekedi pour s’accrocher au pouvoir au-delà de deux mandats, les partenaires internationaux de Kinshasa adoptent une attitude de mutisme inquiétante. Washington, Paris et Bruxelles sacrifient les aspirations démocratiques du peuple congolais sur l’autel d’intérêts géopolitiques à court terme, notamment la stabilité régionale et l’accès aux ressources minières stratégiques.

Ce silence contraste violemment avec les réactions immédiates et fermes observées lors de putschs ou de révisions constitutionnelles ailleurs en Afrique. La communauté internationale ferme les yeux sur une violation flagrante de la Constitution congolaise, validant ainsi une transition politique déguisée en coup de force institutionnel.

Les risques d’un référendum constitutionnel en pleine guerre

Justifier cette complaisance par la guerre à l’est du pays, opposant les forces gouvernementales aux rebelles du M23, revient à prendre un pari dangereux et cynique. Organiser un référendum constitutionnel dans un contexte où plusieurs provinces échappent au contrôle de l’État reviendrait à priver des millions de Congolais de leurs droits politiques fondamentaux. Une telle démarche, menée dans un pays en conflit, risquerait d’accélérer une partition de fait de la RDC.

En refusant d’adopter une position diplomatique ferme contre le projet de troisième mandat de Félix Tshisekedi, l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine abandonnent le peuple congolais à la tyrannie. Elles envoient un message désastreux : la violation des règles démocratiques est tolérée dès lors qu’un régime sert des intérêts géostratégiques immédiats.

La responsabilité historique de la communauté internationale

Pour le Front pour la défense des acquis démocratiques (FDAD), le peuple congolais ne peut être pris en otage par l’ambition d’un homme ni par le cynisme des puissances étrangères. Si la communauté internationale persiste à ignorer les alertes de la société civile et les mises en garde des Églises catholique et protestante, elle portera une part de responsabilité dans l’instabilité politique et la balkanisation qui menacent la RDC. Il est encore temps de briser ce silence complice, de faire respecter les principes intangibles de la Constitution congolaise et d’exiger l’arrêt immédiat d’une transition autoritaire déguisée en réforme institutionnelle.