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Félix Tshisekedi lance un dialogue national en RDC sous égide religieuse

Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a été le théâtre d’une annonce majeure ce vendredi. Le président Félix Tshisekedi a officiellement lancé l’organisation d’un dialogue national inclusif, apaisé et républicain, à l’issue d’une audience cruciale avec les représentants des principales confessions religieuses du pays. Cette initiative, formalisée par un communiqué de la présidence, vise à consolider la cohésion nationale tout en respectant scrupuleusement les institutions et la Constitution en vigueur.

Une initiative saluée par les autorités religieuses

Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, s’est exprimé au nom de la délégation religieuse présente lors de cette rencontre historique. « Nous nous réjouissons de cette annonce et exprimons notre gratitude au chef de l’État », a-t-il déclaré, soulignant que cette démarche concrétisait les efforts engagés par le président congolais en faveur de la paix et de l’unité nationale. Selon ses propos, Félix Tshisekedi a décidé d’engager le pays dans un « dialogue entre fils et filles du Congo », dont les contours, bien que prometteurs, restent à préciser dans les prochains jours.

Le cardinal Ambongo a insisté sur la nécessité impérieuse de l’unité nationale, indispensable pour faire face aux défis sécuritaires, notamment la crise persistante dans l’est du pays. « Notre pays a besoin de communion entre ses fils et filles », a-t-il affirmé, attribuant la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à des influences extérieures. Kigali, la capitale rwandaise, continue de nier toute implication dans le soutien à la rébellion de l’AFC/M23, bien que Kinshasa et plusieurs rapports d’experts des Nations unies l’accusent régulièrement de fournir un appui militaire à ce mouvement.

Un rôle clé pour les confessions religieuses

Les leaders religieux ont accepté avec enthousiasme la mission que le président congolais leur a confiée : accompagner ce processus de dialogue national. « Nous nous engageons à porter cela de l’avant comme un apostolat », a déclaré le cardinal Ambongo, invitant instamment les acteurs politiques, tant du pouvoir que de l’opposition, à s’inscrire pleinement dans cette dynamique. La rencontre a rassemblé des figures religieuses influentes, dont Mgr André Bokundoa (Église du Christ au Congo), l’archevêque Ejiba Yamampia (Église de Réveil du Congo), le cheikh Abdallah Mangala (Communauté musulmane), Mgr Donatien Nshole (porte-parole de l’Église catholique) et le pasteur Éric Senga (porte-parole de l’Église du Christ au Congo).

Selon des sources ecclésiastiques de premier plan, une feuille de route détaillée devrait être publiée prochainement pour encadrer ce dialogue national. Cette annonce survient après une série de consultations menées autour de la crise politique et sécuritaire qui secoue la RDC. Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, avait reçu début juillet des représentants de l’opposition congolaise et des confessions religieuses à Bujumbura. Il les avait appelés à faire preuve de flexibilité et à accepter le principe d’un dialogue constructif.

Des contours à définir, des attentes fortes

Si l’initiative est accueillie avec optimisme, de nombreuses questions subsistent quant à son déroulement. La date de lancement, le format des discussions, les participants invités, ainsi que l’ordre du jour précis et les garanties offertes aux différentes parties restent à déterminer. Les positions politiques, elles, sont loin d’être unanimes. Une frange de l’opposition exige notamment la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites qu’elle juge arbitraires, le rétablissement des libertés publiques et l’abandon de tout projet de révision constitutionnelle avant l’ouverture des débats.

Fin juin, Félix Tshisekedi s’était dit ouvert au dialogue, tout en mettant en garde contre toute tentative de détourner ce processus de ses objectifs initiaux. « Le dialogue ne doit pas devenir un moyen de contourner les institutions ou de remettre en cause la volonté populaire exprimée conformément à la Constitution », avait-il rappelé avec fermeté. Cette position illustre la complexité du défi qui attend le président congolais, alors que la pression sécuritaire et politique ne faiblit pas dans un pays aux dimensions continentales.

Les leaders religieux réunis avec le président Félix Tshisekedi pour lancer le dialogue national inclusif en RDC.