Djihadistes du Jnim : menace grandissante sur le Mali
Qu’est-ce que le Jnim, ce groupe djihadiste qui menace Bamako ?
Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim), affilié à Al-Qaïda, s’impose comme la principale menace djihadiste au Mali. Avec plus de 5 000 combattants, ce groupe ambitionne d’instaurer un émirat islamique au cœur du Sahel et pourrait bientôt prendre le contrôle de la capitale malienne, Bamako.
Le Jnim, dont le nom signifie «Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans», est né en 2017 de la fusion de quatre mouvements djihadistes actifs dans la région. Ce regroupement, placé sous la bannière d’Al-Qaïda, a été dirigé dès ses débuts par Iyad Ag Ghali, un ancien diplomate et rebelle touareg, devenu l’émir du groupe.
Depuis le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane, le Jnim a vu son influence et sa puissance militaire s’accroître de manière significative. En septembre 2025, le groupe a imposé un blocus économique autour de plusieurs villes maliennes, une stratégie visant à fragiliser davantage les autorités locales en prévision d’offensives d’envergure.
Fin avril 2026, une offensive conjointe avec des rebelles touaregs a été lancée contre la junte militaire au pouvoir à Bamako. Ces attaques coordonnées ont permis au Jnim de remporter plusieurs victoires stratégiques, le plaçant désormais aux portes de la capitale.
Une idéologie au service d’un émirat islamique
Le Jnim s’appuie sur une interprétation rigoriste de l’islam pour justifier ses actions. Son objectif principal est l’établissement d’un émirat islamique dans le Sahel, une zone déjà fortement déstabilisée par des conflits persistants. Cette ambition s’inscrit dans une dynamique plus large de contestation des régimes en place, perçus comme illégitimes par les groupes djihadistes.
Avec une armée estimée à 5 000 combattants, le Jnim est aujourd’hui considéré comme l’organisation djihadiste la plus redoutable du Sahel. Son alliance avec des factions touarègues renforce encore sa capacité à défier les forces gouvernementales et les mercenaires étrangers présents sur le territoire malien.