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Dioura : 130 soldats maliens tués, 70 capturés, le JNIM inflige un revers sans précédent aux FAMA

Un assaut d’une violence inouïe contre le camp militaire de Dioura

Le 10 septembre 2026 restera gravé comme l’une des journées les plus sombres pour l’armée malienne. Ce jeudi-là, aux premières lueurs du jour, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda, ont lancé une offensive d’une ampleur rare contre la position militaire de Dioura, dans le cercle de Tenenkou, au centre du Mali. Pendant des heures, la caserne a été la cible de tirs nourris, avant d’être envahie et pillée. Les assaillants ont ensuite battu en retraite en emportant armes lourdes et otages.

Un bilan humain provisoire qui glace le sang

Si les autorités maliennes n’ont pas communiqué de chiffres officiels, les informations recueillies sur place brossent un tableau catastrophique. Selon des sources locales concordantes, près de 130 militaires maliens auraient perdu la vie lors de l’attaque. À ce lourd tribut s’ajoute un coup porté au moral : environ 70 soldats auraient été capturés par les insurgés. Des images diffusées par le groupe armé montrent des dizaines de jeunes recrues alignées, visiblement terrorisées, ainsi que des quantités importantes d’armes et de munitions saisies. Pour les familles des victimes, l’attente est insoutenable, aggravée par le silence des autorités de Bamako.

L’illusion du partenariat russe et l’isolement des forces maliennes

Cette attaque met en lumière l’échec de la stratégie sécuritaire prônée par la junte au pouvoir. Depuis le coup d’État et le rapprochement avec Moscou, le régime du colonel Assimi Goïta promettait une armée renforcée et l’élimination rapide des groupes terroristes grâce à l’appui de mercenaires russes. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Le retrait des forces internationales (MINUSMA, Barkhane) et l’incapacité des partenaires russes à stabiliser le territoire ont laissé les soldats maliens isolés, sous-équipés et vulnérables. Les bases avancées comme Dioura se retrouvent encerclées par des combattants mobiles qui frappent où et quand ils le veulent, prouvant l’incapacité de l’État à défendre ses propres positions.

Le désarroi des civils de la région de Mopti

Au-delà du désastre militaire, ce sont les populations civiles qui paient le prix fort. À Dioura, la stupeur a laissé place à la résignation. « Chaque fois que le camp tombe ou se replie, nous savons ce qui nous attend : les représailles, la peur et le vide absolu, confie sous couvert d’anonymat un habitant. On nous parle de souveraineté à la télévision à Bamako, mais ici, nous n’avons ni protection, ni État, ni avenir. » Les commerçants signalent une paralysie économique totale : foires annulées, routes coupées par les insurgés, approvisionnement en produits de première nécessité devenu presque impossible. Après le passage des assaillants, la crainte de représailles pousse de nombreux villageois à fuir vers les villes, gonflant le nombre de déplacés internes dans une indifférence quasi générale.

Une impasse politique et militaire aux conséquences durables

Le drame de Dioura sonne comme un avertissement sévère pour les autorités de la transition. À force de privilégier la communication au détriment des réalités du terrain, la junte s’enferme dans une impasse. L’affaiblissement des effectifs, la démoralisation des troupes et la perte progressive du contrôle territorial au Centre et au Nord posent une question urgente : combien de temps encore la souveraineté retrouvée servira-t-elle de paravent à l’effondrement de la sécurité nationale ? Sans une réévaluation profonde des alliances, des tactiques militaires et du dialogue avec les communautés locales, le Mali risque de s’enfoncer davantage dans un cercle vicieux où civils et soldats restent les premières victimes de l’aveuglement politique.