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Politique

Dialogue national en rdc : mukulubundu muke dénonce la mainmise de tshisekedi

Dialogue national en RDC : Mukulubundu Muke dénonce la mainmise de Tshisekedi

Alors que Félix Tshisekedi ambitionne d’organiser un dialogue national sur trois mois pour apaiser les tensions au sein de la société congolaise, l’opposition proche de l’ancien président Joseph Kabila appelle ouvertement au boycott. Albert Mukulubundu Muke, président du Front démocratique africain (FDA) et cofondateur du mouvement citoyen Sauvons la RDC, dénonce un processus totalement verrouillé par le pouvoir et exige une médiation impartiale.

Albert Mukulubundu Muke dénonce le contrôle du dialogue national par Félix Tshisekedi

Un dialogue perçu comme un monologue

Pour Albert Mukulubundu Muke, le dialogue national proposé par Félix Tshisekedi ne répond aucunement aux exigences d’une réconciliation nationale authentique. « Nous ne voyons pas l’intérêt de participer à ce prétendu dialogue », déclare-t-il sans détour. Selon lui, le chef de l’État congolais a d’ores et déjà imposé ses propres orientations, limitant la participation à sa famille politique, l’Union sacrée. L’opposant souligne que l’opposition politique ainsi que les groupes armés hostiles au pouvoir en sont systématiquement exclus. « Apparemment, il s’agit d’un monologue, pas d’un dialogue », martèle-t-il. Malgré les propositions formulées par son mouvement pour élargir la base du processus, rien n’y fait : le dialogue reste selon lui une coquille vide.

Mukulubundu Muke insiste sur la nécessité d’une participation totale des forces vives du pays. « Nous voulons que toutes les composantes impliquées dans la crise, y compris les acteurs armés, prennent part à ce dialogue », plaide-t-il, réclamant par ailleurs l’intervention d’une personnalité neutre pour garantir l’impartialité du processus.

Une crise de confiance insurmontable

Au cœur des tensions, la question de la confiance envers Félix Tshisekedi semble insoluble. « Nous exigeons un médiateur neutre, car la confiance fait défaut », explique l’opposant. Il reproche au président congolais d’avoir trahi à plusieurs reprises les accords signés avec ses adversaires politiques, notamment Joseph Kabila et Corneille Nangaa. « Tshisekedi a signé des engagements, mais il ne les a jamais respectés. Nous ne lui faisons pas confiance », assène-t-il. Pour lui, la réconciliation nationale ne peut émaner d’un processus dirigé par un homme dont la parole est jugée inconstante.

Mukulubundu Muke martèle que les principes constitutionnels, notamment la limitation des mandats présidentiels, doivent primer. « La réconciliation nationale ne dépend pas de Félix Tshisekedi. Nous nous en tenons aux principes fondamentaux », insiste-t-il.

Le M23 exclu : une erreur stratégique

Félix Tshisekedi a récemment écarté toute participation du groupe armé M23 au dialogue national, malgré la gravité de la crise sécuritaire dans l’est du pays. Une décision que Mukulubundu Muke juge contre-productive. Selon lui, le M23 s’est dit prêt à s’engager dans un dialogue politique, à condition que celui-ci soit transparent. « Le M23 est disposé à participer, mais les conditions doivent être claires », souligne-t-il. Exclure des acteurs clés revient, selon lui, à réduire d’emblée l’ambition du dialogue présidentiel à néant.

Mobilisation populaire et recours constitutionnel

Face à l’impasse, le mouvement Sauvons la RDC se tourne désormais vers la mobilisation citoyenne. Mukulubundu Muke annonce un appel à manifester pour exiger un véritable dialogue. Il s’appuie sur l’article 64 de la Constitution congolaise, qui permet, selon lui, de s’opposer à un régime cherchant à s’éterniser au pouvoir par la force. « Nous allons mobiliser le peuple pour dire non à Tshisekedi », promet-il. Parallèlement, le mouvement tente de sensibiliser la communauté internationale, en contactant parlementaires et pays africains pour faire pression en faveur d’un processus inclusif.

Joseph Kabila, un acteur clé malgré tout ?

Proche de l’ancien président Joseph Kabila, Mukulubundu Muke voit en lui un atout majeur pour sortir de l’impasse. « Joseph Kabila possède une expérience inestimable et connaît parfaitement tous les acteurs, internes comme externes. Il pourrait jouer un rôle crucial », estime-t-il. Alors que la RDC fait face à une crise politique et sécuritaire sans précédent, l’enjeu du dialogue national réside dans sa capacité à rassembler, au-delà des méfiances réciproques qui opposent pouvoir et opposition.

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