Cybermenaces au Gabon : des ong dénoncent les risques des vpn après la coupure des réseaux sociaux
À Libreville, un regroupement d’activistes et d’associations de défense des droits humains a officiellement porté plainte ce week-end contre la multiplication des cyberattaques ciblant les comptes gabonais sur les plateformes sociales. Parmi les victimes, des citoyens issus de divers milieux socio-professionnels.
Selon les premiers constats, l’usage intensif de réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner la suspension des réseaux sociaux, décidée le 17 février, favoriserait ces intrusions malveillantes. Les Gabonais, privés d’accès direct, se tournent massivement vers ces outils, exposant leurs données personnelles à des risques accrus.
Patrice Thérence Mezui, président de la Ligue nationale des droits humains et porte-parole du collectif, a souligné : « Les appels et messages frauduleux proviennent majoritairement de numéros internationaux commençant par +500 ou +600. Cela suggère une origine extérieure des attaques ».
« Cette situation, autrefois marginale, s’est intensifiée depuis la décision administrative de la Haute Autorité de la communication (HAC) suspendant l’accès aux plateformes sociales il y a plusieurs mois », a-t-il ajouté.
Le collectif dénonce une violation des libertés fondamentales garanties par la Constitution, notamment dans son chapitre dédié aux droits et devoirs des citoyens. Malgré les démarches judiciaires engagées, les tribunaux de première instance ont rejeté les recours au motif d’incompétence, invoquant le caractère administratif de la mesure contestée. Une ultime plainte a été déposée devant le Conseil d’État, où l’attente d’un verdict se poursuit sans échéance précise.
Face à cette crise, les organisations signataires exigent la levée immédiate de la suspension des réseaux sociaux, devenue, selon elles, une mesure quasi permanente. Elles appellent également le chef de l’État à promulguer la récente loi parlementaire encadrant l’usage des plateformes numériques. Enfin, elles préconisent l’ouverture d’un dialogue national pour apaiser les tensions autour de cette question.
La HAC avait justifié sa décision par la nécessité de lutter contre les troubles à l’ordre public, le cyberharcèlement et la diffusion de contenus haineux. Or, la société civile qualifie cette mesure de disproportionnée et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.