Crise politique au Sénégal : le Pastef exclu du nouveau gouvernement
crise politique au Sénégal : le Pastef exclu du nouveau gouvernement
Le président Bassirou Diomaye Faye a finalisé, ce 1er juin, la composition du nouveau gouvernement sénégalais, marquant une rupture avec le Pastef, parti historique de son allié et prédécesseur Ousmane Sonko. Cette décision intervient après des semaines de tensions croissantes entre les deux figures politiques, désormais éloignées par des divergences stratégiques majeures.
une scission politique aux conséquences immédiates
Le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, intervenue il y a seulement une douzaine de jours, a précipité cette crise institutionnelle. Désormais président de l’Assemblée nationale, Sonko a vu son influence s’effriter face à un exécutif qui semble vouloir tourner la page sur certaines alliances passées. Le Pastef, parti fondé par ce dernier, a officiellement annoncé son retrait du gouvernement, confirmant l’absence de ses cadres dans la nouvelle équipe ministérielle.
Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, le leader du Pastef a détaillé les raisons de cette décision : « Un long entretien ce matin avec le chef de l’État a révélé des convergences, mais aussi des désaccords profonds, notamment sur le rôle et la place de la majorité au sein de l’exécutif ». Après avoir présenté de nouvelles propositions aux instances du parti, aucune réponse favorable n’a été obtenue, conduisant à une exclusion totale du parti du prochain gouvernement.
un gouvernement remanié, une opposition renforcée
Le nouveau gouvernement, dirigé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, compte 30 ministres. Plusieurs figures clés du Pastef, présentes dans l’ancien exécutif, en sont absentes. Cette reconfiguration reflète une volonté de rééquilibrage politique, mais elle s’accompagne d’un climat de méfiance persistant entre les deux camps.
Cette fracture survient alors que le Sénégal fait face à une crise économique sans précédent. La découverte, en 2024, d’une sous-estimation de la dette publique – estimée à 132 % du PIB à la fin de l’année dernière – a poussé le Fonds monétaire international à suspendre son programme de prêt de 1,8 milliard de dollars. Les négociations pour un nouvel accord doivent reprendre la semaine prochaine, avec l’objectif d’aboutir à un compromis d’ici le 30 juin, selon les déclarations du ministre des Finances.
Cette situation place le pays dans une position délicate, où les enjeux politiques et économiques se mêlent, risquant d’aggraver les tensions sociales déjà palpables.