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Coupe du monde 2026 : l’allemagne humiliée par le paraguay aux tirs au but

Le décor rappelait 1998 : même soleil, mêmes visages (Enciso, Paredes, Arce, Sanabria), même maillot rayé rouge et blanc, même mur infranchissable. Mais l’Allemagne n’est pas la France. Lundi à Boston, la Mannschaft n’a pas trouvé son héros en prolongation. Résultat : une élimination surprenante aux tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.) dès les 16es de finale du Mondial, elle qui était donnée parmi les favorites.

Pour la troisième fois consécutive, après 2018 et 2022, l’Allemagne échoue à se hisser parmi les seize meilleures équipes du tournoi. Pire, elle a perdu dans l’exercice qui faisait sa force : la séance de tirs au but, où elle n’avait jamais cédé en Coupe du monde. Les correspondants allemands présents dans les tribunes affichaient des mines déconfites, tandis que les supporters paraguayens, parés de rouge et blanc, savouraient l’exploit.

Kimmich amer, Nagelsmann sous le feu des critiques

« C’est terrible, a confié le capitaine Joshua Kimmich. Quand j’étais enfant, je regardais l’équipe nationale en demi-finale ou en finale. Il y a toujours eu de grands succès. On voulait donner cette joie aux enfants et aux gens restés chez eux. On n’a pas réussi. » Le joueur du Bayern Munich symbolise les errances tactiques du soir : aligné dans un rôle hybride, ni défenseur central, ni arrière droit, ni milieu récupérateur, il a désorganisé le couloir droit, où Leroy Sané s’est retrouvé isolé.

Face au bloc paraguayen bien regroupé, les Allemands ont totalement manqué d’inspiration : aucune occasion en première période, un but de Havertz après la pause, quelques centres sans danger. Le gardien Orlando Gill n’a pas eu à s’employer outre mesure. Les changements opérés par Julian Nagelsmann n’ont rien changé.

Nagelsmann et ses choix contestés

Le sélectionneur, jadis qualifié de petit prodige à Hoffenheim, est vivement critiqué en Allemagne. Non seulement pour le résultat improbable, mais aussi pour ses décisions tactiques : faire entrer Goretzka à la mi-temps ou Woltemade en toute fin de match, et surtout pour les joueurs emmenés aux États-Unis, comme Jonathan Tah, Leroy Sané et Manuel Neuer.

Julian Nagelsmann devant le banc des remplaçants.

Le retour de Neuer, 40 ans, après une saison difficile avec le Bayern et alors qu’Oliver Baumann tenait la cage allemande de manière convaincante, a suscité de nombreuses interrogations outre-Rhin. « Neuer était aussi de l’échec en 2018 et 2022, notait un observateur avant la rencontre. C’est une grosse erreur de l’avoir pris. Et cela a perturbé le groupe : les joueurs du Bayern étaient pour, les autres beaucoup moins. Il ne faisait même pas partie des six meilleurs gardiens de Bundesliga cette saison. »

Malgré un match correct de Neuer (deux belles parades, un arrêt sur le cinquième tir au but), le mal était fait. Au-delà des individualités, c’est la figure de Nagelsmann qui agace. Interrogé sur son avenir après l’humiliation de Boston, le technicien a répondu : « Je ne suis pas du genre à fuir. Ce n’est pas la première fois que nous vivons ce genre de tournoi. Des choses doivent changer, mais ce n’est pas le moment d’en parler. Si la Fédération veut que je continue, je continuerai. Si elle ne le veut pas, elle peut me le dire. Je sais comment le football fonctionne. Il y a probablement beaucoup de monde qui aimerait que je ne continue pas. »

Nagelsmann, qui a eu un accrochage avec une journaliste allemande après le match, a reçu le soutien de son capitaine Kimmich, qu’il entraînait déjà à Munich : « Les Allemands ont besoin de quelque chose dont ils puissent être fiers en ce moment. Malheureusement, ce n’est pas l’équipe nationale. Nous, les joueurs sur le terrain, avons commis des erreurs et en assumons la responsabilité. Ce n’était pas l’entraîneur, ni les médias, ni l’arbitre, ni l’adversaire. C’était nous. » La France (ou la Suède, n’allons pas trop vite) peut sourire.