Côte d’Ivoire : le PDCI-RDA presse pour un dialogue politique urgent
Le PDCI-RDA réclame un dialogue avec Ouattara pour résoudre les tensions ivoiriennes
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), premier parti d’opposition ivoirien, a réaffirmé son exigence d’initier un dialogue politique avec le gouvernement d’Alassane Ouattara. Cette initiative vise à résoudre les défis majeurs qui fragilisent actuellement le pays, notamment la réforme de l’organe électoral et le retour de Cheick Tidjane Thiam, son dirigeant historique.
Une volonté de collaboration malgré les divergences
Lors d’une conférence de presse tenue le 13 mai 2026 au siège du parti à Cocody (Abidjan), le député Bredoumy Soumaïla Kouassi Traoré, porte-parole du PDCI-RDA, a réitéré cette demande. « Nous exigeons un dialogue politique constructif avec le pouvoir pour aborder les enjeux nationaux », a-t-il déclaré. Le parti insiste sur la nécessité d’une commission électorale indépendante et réaffirme sa vigilance pour garantir son autonomie.
Réactions aux appels à un rapprochement avec le RHDP
Certains membres du PDCI-RDA poussent à un apaisement des relations avec le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) d’Alassane Ouattara. Cependant, le porte-parole a rappelé que ces voix ne reflètent pas la position officielle du parti, incarnée par son président Tidjane Thiam. « Nous n’écartons aucune piste, mais notre priorité reste l’unité », a-t-il précisé, ajoutant : « Le PDCI est un parti de dialogue, nous n’avons pas d’ennemis. »
Critiques sur la filière café-cacao et le Plan national de développement
Bredoumy Soumaïla Kouassi Traoré a également pointé du doigt les difficultés persistantes dans le secteur agricole ivoirien, notamment la crise dans la filière café-cacao. Par ailleurs, il a analysé le Plan national de développement (PND) 2026-2030, jugeant certaines de ses orientations irréalistes et mal adaptées aux réalités socio-économiques du pays.
Tensions internes au PDCI-RDA
Le porte-parole a abordé la création récente d’un courant interne, « Héritiers pour la démocratie et la légalité » (HDL), mené par Valérie Yapo. Il a rappelé que les statuts du parti n’autorisent pas la formation de factions, soulignant : « Les textes du PDCI ne prévoient pas l’existence de courants. »
Conditions pour le retour de Tidjane Thiam
Concernant le retour en Côte d’Ivoire de Cheick Tidjane Thiam, actuellement en exil, le PDCI-RDA a conditionné cette possibilité à des « garanties sécuritaires ». « Insulter Tidjane Thiam, c’est insulter tout le PDCI », a déclaré Bredoumy, également vice-président de l’Assemblée nationale, rappelant l’importance de la dignité du parti.
Ambition de reconquête du pouvoir
Pour conclure, le porte-parole a réaffirmé l’ambition du PDCI-RDA de « retrouver la gestion du pays » et de contribuer à son avenir. Cette volonté s’inscrit dans un contexte où le parti cherche à se repositionner comme une force politique majeure, malgré les divisions internes et les défis externes.