
Côte d’Ivoire à New York : comment la dette devient un levier pour l’avenir des enfants
La stratégie ivoirienne saluée lors du sommet de l’UNICEF
Lors de deux réunions d’envergure organisées à New York par l’UNICEF, le Ministre du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire, Dr Souleymane DIARRASSOUBA, a exposé comment son pays réinvente le lien entre dette et éducation. Ces échanges, centrés sur les retombées concrètes des choix financiers ivoiriens, ont mis en lumière des avancées inédites pour les générations futures.
Le 21 septembre 2026, dans le cadre de l’initiative Learn AI Global Compact, il a partagé l’expérience ivoirienne en matière de financement durable lié aux résultats. Un modèle qui combine innovation financière et protection du capital humain, désormais scruté par les partenaires internationaux.
Des prêts souverains innovants pour un impact mesurable
En 2025, la Côte d’Ivoire a franchi une étape historique avec l’adoption d’un cadre de financement dédié. Le pays a obtenu un prêt souverain de 433,3 millions d’euros, dont les conditions sont directement liées aux performances obtenues en matière d’énergies renouvelables et de restauration des forêts. Une première en Afrique de l’Ouest, rendue possible grâce à la collaboration entre la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).
Lors de cette rencontre, l’idée d’étendre ce mécanisme au domaine éducatif a été évoquée. L’objectif ? Créer des obligations liées à la durabilité dont les taux d’intérêt dépendraient des progrès mesurés dans l’apprentissage des élèves. Une approche qui nécessite des indicateurs fiables et une gestion rigoureuse des risques, tout en garantissant la protection des données des enfants.
Un Plan National de Développement ambitieux
Le PND 2026-2030 de la Côte d’Ivoire intègre pleinement cette vision. Le plan mise sur le numérique et l’intelligence artificielle pour transformer le secteur éducatif. Les autorités ivoiriennes ont réaffirmé leur engagement à collaborer avec l’UNICEF et les acteurs du Learn AI Global Compact pour affiner les mécanismes de suivi et adapter les garanties financières.
La dette au service des générations futures : les déclarations clés
Le lendemain, lors d’une seconde rencontre sur la dette et le développement, Dr DIARRASSOUBA a rappelé une évidence : « L’impact de la dette sur les populations dépend de son affectation et de sa structure. » Selon l’UNICEF, près de 400 millions d’enfants vivent dans des pays où la dette croît plus vite que les investissements dans l’éducation et la santé.
Face à ce constat, la Côte d’Ivoire a souligné l’importance de placer la dette au service du capital humain. Le PND 2026-2030 en est le reflet : il priorise la santé maternelle, la couverture maladie universelle, la protection sociale et l’amélioration de l’indice de capital humain.
Une gestion de la dette axée sur la soutenabilité
Pour concilier équilibre budgétaire et investissements sociaux, le pays mise sur une gestion prudente de sa dette. En 2024, avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire a mené une opération d’échange de dette contre des programmes de développement. Près de 400 millions d’euros de dette commerciale ont été refinancés, libérant ainsi 330 millions d’euros de ressources sur cinq ans. Une partie de ces fonds sera réinvestie dans l’éducation via les mécanismes budgétaires nationaux.
Le Ministre a résumé cette approche : « Une dette à visage humain n’est pas une dette effacée, mais une dette dont l’usage transforme l’avenir des enfants. »
Les retombées internationales et les prochaines étapes
Ces interventions à New York ont suscité un vif intérêt. La possibilité d’étendre le modèle ivoirien d’obligations liées à des résultats éducatifs est désormais à l’étude. Les partenaires internationaux examinent comment reproduire cette innovation pour d’autres secteurs clés comme la santé ou la nutrition.
La Côte d’Ivoire, quant à elle, continue d’affiner sa stratégie. Le pays se dit prêt à approfondir les travaux avec l’UNICEF et les acteurs du Learn AI Global Compact pour établir des indicateurs d’apprentissage robustes et des mécanismes de garantie adaptés. L’objectif reste inchangé : faire de la dette un levier au service des priorités nationales et du développement durable.