Coopération RDC-CICR: un engagement renouvelé pour les détenus et l’action humanitaire
- Politique
La République démocratique du Congo (RDC) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont affirmé leur détermination à intensifier leur partenariat RDC CICR. L’objectif principal de cette collaboration renforcée est l’amélioration de l’action humanitaire et des conditions de détention à travers le pays, avec une attention particulière portée aux provinces de l’Est de la RDC. Cette annonce fait suite à une rencontre significative le mardi 14 juillet 2026 entre François Moreillon, Chef de la délégation du CICR, dont la mission en RDC touche à sa fin, et le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
Cette entrevue, qui a également servi de bilan pour la période de collaboration écoulée, a révélé une évaluation positive des efforts conjoints entre le gouvernement congolais et le CICR. Les deux entités ont exprimé une volonté commune de consolider ce partenariat essentiel, au bénéfice de l’action humanitaire et de la dignité des détenus en République démocratique du Congo.
Au cours des discussions, François Moreillon a salué la qualité du dialogue et la profondeur de la coopération établie avec le Ministère de la Justice durant son mandat. Il a mis en lumière la coordination étroite entre le CICR et les autorités congolaises sur des dossiers prioritaires, notamment l’optimisation des conditions de détention, spécifiquement dans les régions orientales du pays où les besoins humanitaires demeurent considérables.
« Ma visite au ministère de la Justice visait avant tout à exprimer ma gratitude à M. le Ministre pour sa collaboration avec le CICR ces dernières années. Après plus de trois ans passés ici, c’était aussi l’occasion de tirer des leçons et d’identifier les domaines où nous pouvons renforcer nos liens avec le ministère de la Justice pour améliorer les conditions de détention et assurer le suivi du traitement des détenus, principalement dans l’Est de la République démocratique du Congo, où le Comité international de la Croix-Rouge concentre ses efforts. Les sujets abordés ont couvert le financement des prisons, la question de l’alimentation, et plusieurs autres préoccupations partagées avec le ministère de la Justice. Nous entretenons des relations très proches et constructives », a déclaré François Moreillon à la presse après l’entretien.
Les deux parties ont également examiné les défis majeurs auxquels sont confrontés les établissements pénitentiaires, incluant leur financement, l’approvisionnement alimentaire des détenus et l’amélioration de leur prise en charge globale. Le Chef de la délégation du CICR a réitéré l’engagement de son institution à continuer d’accompagner le gouvernement congolais dans la recherche de solutions durables à ces problématiques.
À l’issue de ses trois années de mission en RDC, François Moreillon a dressé un bilan très favorable de la coopération avec les autorités congolaises. Il s’est félicité des progrès réalisés grâce à ce partenariat et a formulé le vœu que cette dynamique positive se maintienne au profit des populations les plus vulnérables.
Il a, par ailleurs, renouvelé l’assurance du soutien du CICR aux populations impactées par les crises dans l’Est de la République démocratique du Congo, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts concertés pour leur protection, le respect de leur dignité et l’application du droit international humanitaire.
« C’est un sentiment de profonde satisfaction. C’est également un message de résilience et de soutien que je souhaite adresser aux populations du Congo, qui subissent des souffrances depuis plus de trois décennies, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo. Concernant notre relation avec le ministère de la Justice, nous avons observé ces derniers mois une montée en puissance, avec, je crois, de nouvelles ambitions qui, nous l’espérons, apporteront des solutions pérennes au sort des personnes en détention et une meilleure prise en compte des garanties judiciaires », a ajouté François Moreillon lors de son allocution.
Présent en République démocratique du Congo depuis 1978, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) apporte une aide essentielle aux personnes affectées par les conflits armés et les diverses formes de violence qui frappent régulièrement le pays. Son action vise également à promouvoir le respect du droit international humanitaire et son intégration dans le cadre juridique national, dans un contexte marqué par une dégradation persistante de la situation humanitaire et sécuritaire, particulièrement dans l’Est de la RDC.
Conformément à son rôle d’intermédiaire humanitaire neutre, le CICR intervient régulièrement pour faciliter la libération et le transfert de personnes détenues entre les parties au conflit, notamment entre des groupes armés comme l’AFC/M23 et le gouvernement de la RDC, en accord avec les Conventions de Genève. Entre le 30 avril et le 15 mai de l’année précédente, le CICR a ainsi orchestré le transfert de plus de 1 300 membres désarmés des forces gouvernementales congolaises, accompagnés de leurs familles, depuis Goma vers Kinshasa.
Cette opération humanitaire d’envergure, couvrant près de 2 000 kilomètres et traversant une zone de front, a été menée à la demande du ministère de la Défense et des Anciens Combattants de la RDC, de la MONUSCO et de l’AFC/M23. Le CICR a été sollicité pour son rôle impartial et neutre, indispensable à la facilitation des échanges humanitaires entre les acteurs concernés.