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Conflit touareg à Kidal : Gamou et Alghabass s’affrontent pour le contrôle

El Hadj Ag Gamou (à gauche) et Alghabass Ag Intallah face à des combattants du FLA près du rond-point de Kidal, en mai 2026.

Dans le nord du Mali, la région de Kidal reste le théâtre d’une lutte acharnée pour le pouvoir entre deux figures majeures du mouvement touareg. D’un côté, El Hadj Ag Gamou, commandant expérimenté aux alliances fluctuantes, et de l’autre, Alghabass Ag Intallah, héritier d’une famille influente, s’opposent violemment pour le contrôle de ce territoire stratégique.

Pourquoi Kidal cristallise les tensions touarègues

La ville de Kidal, symbole de la rébellion touarègue depuis des décennies, est au cœur d’un conflit qui dépasse les simples rivalités locales. Les enjeux géopolitiques et sécuritaires en font un point de fixation pour les groupes armés et les puissances régionales. Les combats récents opposant les partisans des deux hommes illustrent une division profonde au sein de la communauté touarègue.

  • El Hadj Ag Gamou : Ce général malien, longtemps associé à Bamako, a récemment basculé dans l’opposition. Ses troupes, autrefois intégrées à l’armée malienne, sont désormais en première ligne contre les forces d’Alghabass Ag Intallah.
  • Alghabass Ag Intallah : Membre de la puissante famille Intallah, il incarne une ligne plus radicale, proche des groupes armés. Son objectif affiché est de libérer Kidal de toute influence extérieure.

Les acteurs du conflit : une mosaïque de forces en présence

Derrière les deux hommes se cachent des réseaux d’alliances complexes. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et l’Africa Corps jouent un rôle clé dans l’équilibre des forces. Leur soutien respectif à l’un ou l’autre camp renforce la polarisation du conflit.

Les observateurs soulignent que cette guerre intestine parmi les Touaregs affaiblit leur capacité à négocier avec Bamako ou à faire front commun face aux défis sécuritaires du Sahel. Les populations locales, prises en étau, subissent les conséquences d’un affrontement qui semble sans fin.

Un enjeu stratégique pour le Mali

Le contrôle de Kidal est crucial pour plusieurs raisons :

  • Contrôle des routes commerciales transsahariennes, vitales pour l’économie locale.
  • Position géostratégique dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
  • Enjeu symbolique pour la reconnaissance des revendications touarègues.

Alors que les combats s’intensifient autour de la ville, la question se pose : qui émergera vainqueur de cette guerre fratricide ? Une victoire de Gamou pourrait signifier un retour sous l’égide de Bamako, tandis qu’Alghabass Ag Intallah incarne une autonomie radicale, voire une sécession. Dans les deux cas, les conséquences pour le Mali et la région seront lourdes.