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Politique

Conflit politique au Sénégal : sonko brandit la motion de censure contre le gouvernement

Le bras de fer politique s’intensifie au Sénégal entre Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, et le pouvoir en place dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Lors d’un rassemblement organisé dimanche 12 juillet à Touba pour l’inauguration du siège du parti Pastef, Sonko a lancé un avertissement clair : il n’hésitera pas à faire tomber le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô « aussi souvent que nécessaire ». Une déclaration qui confirme l’escalade entre l’ex-Premier ministre et l’exécutif.

Des tensions autour des ressources stratégiques

Ousmane Sonko dénonce une volonté du gouvernement de compromettre les acquis nationaux dans la gestion des secteurs stratégiques comme le pétrole, le gaz et le phosphate. Selon lui, ces orientations favoriseraient des intérêts étrangers au détriment des ressources sénégalaises. Pour renforcer le contrôle parlementaire, il a menacé de déposer une motion de censure si l’exécutif persiste dans cette voie. Par ailleurs, une proposition de loi portée par Guy Marius Sagna vise à soumettre à l’Assemblée les futurs contrats d’exploitation de ces ressources vitales.

Une majorité parlementaire au service d’un durcissement

Cette offensive s’appuie sur la majorité absolue détenue par le Pastef à l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko mise sur ce rapport de force pour imposer une surveillance accrue de l’action gouvernementale et bloquer toute décision qu’il juge préjudiciable aux intérêts du pays. Ses prises de position marquent un virage par rapport à ses déclarations du 3 juin, où il affirmait vouloir éviter une censure malgré ses désaccords avec le chef de l’État.

Un contexte politique de plus en plus tendu

La tension entre les deux anciens alliés s’aggrave après l’invalidation, le 9 juillet, d’une réforme constitutionnelle soutenue par la majorité parlementaire mais rejetée par Bassirou Diomaye Faye. En brandissant la menace d’une motion de censure, Ousmane Sonko place le Parlement au cœur de la stratégie de pression contre l’exécutif. Cette escalade risque d’affaiblir la capacité d’action du gouvernement et d’installer le Sénégal dans une phase prolongée de conflits institutionnels.