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Politique

CNSA en RDC : une démarche pour apaiser le climat politique avant le dialogue national

Politique République démocratique du Congo

CNSA en RDC : une démarche pour apaiser le climat politique avant le dialogue national

Le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral recense les prisonniers politiques en RDC. Une initiative qui pourrait faciliter la tenue d’un dialogue inclusif.

Prison de Makala à Kinshasa, RDC

En République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) a lancé une opération de recensement des prisonniers politiques et d’opinion. Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’apaiser les tensions avant l’organisation d’un dialogue national inclusif. Le CNSA rappelle que le droit s’applique à tous, sans distinction.

Cette initiative a pour objectif de fournir au président Félix Tshisekedi une liste actualisée des détenus éligibles à des mesures de clémence. Ces mesures pourraient être annoncées avant le début des discussions entre les différentes forces politiques congolaises.

Le CNSA rappelle que « le droit n’a pas de couleur »

Le CNSA examine actuellement les dossiers de plusieurs personnalités, dont certains pourraient bénéficier d’une amnistie. Parmi les noms évoqués figurent Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, figures majeures du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), lié à l’ancien président Joseph Kabila.

Joseph Olenghankoy, président du CNSA, Kinshasa 2026

Joseph Olenghankoy, président du CNSA, insiste sur le respect des procédures judiciaires : « Dans les 48 heures suivant une arrestation, une personne doit comparaître devant son juge naturel. Or, d’après nos observations, certains détenus croupissent en prison depuis près de six mois sans jugement. Cela constitue une violation flagrante des droits fondamentaux.« >

Il ajoute : « Le droit n’a pas de couleur. Quand une personne est en droit de bénéficier d’une liberté, elle doit l’obtenir. Notre rôle est de transmettre ces préoccupations aux autorités compétentes pour qu’elles prennent les mesures nécessaires et favorisent ainsi le dialogue entre les Congolais. »

Le PPRD salue cette initiative

La famille politique du PPRD, dont Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary sont des membres éminents, a réagi favorablement à cette démarche. « Si cette initiative permet la libération de nos camarades détenus, nous ne pouvons qu’y être favorables. Peu importe l’origine de cette démarche, si elle vise à obtenir la libération d’Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga, Parole Kamizelo et bien d’autres, nous l’appuyons sans réserve. », déclare Lucain Kasongo, cadre du parti.

Récemment, l’ONG Justicia ASBL a également transmis au ministre de la Justice une liste de plus d’une centaine de détenus considérés comme des prisonniers politiques ou d’opinion.

Des condamnations à mort à réexaminer

Parmi les cas sensibles figurent ceux de l’ancien président Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, tous deux condamnés à mort. Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, estime que l’annulation de ces condamnations serait un pas important vers la restauration de la confiance politique. « Une mesure politique doit impérativement être prise pour annuler ces condamnations, notamment celles concernant Joseph Kabila et Corneille Nangaa. Ces décisions participent à la construction d’un climat de confiance indispensable pour l’organisation d’un dialogue inclusif. »

L’efficacité de cette initiative du CNSA reste à démontrer, alors que les appels en faveur d’un dialogue national se multiplient en RDC.