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Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

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Cinq ans après le putsch au Mali : entre espoirs déçus et résistances populaires

Cinq ans de pouvoir militaire au Mali : un bilan contrasté

Le 24 mai 2026, le Mali commémore cinq années marquées par le renversement du pouvoir civil par le général Assimi Goïta. Un coup d’État qui promettait stabilité et sécurité, mais qui laisse aujourd’hui un pays profondément divisé. Entre répression accrue, insécurité persistante et isolement diplomatique, les défis s’accumulent pour les autorités maliennes.

Libertés réduites, répression grandissante

Depuis 2021, la liberté d’expression au Mali s’est considérablement restreinte. Les débats publics sont désormais surveillés, et les voix critiques se font rares. Plusieurs journalistes et opposants ont été emprisonnés, tandis que d’autres ont choisi l’exil pour échapper aux représailles. « Les discussions restent possibles, mais sous haute tension », confie un observateur local. La prudence est désormais de mise dans chaque échange, même au sein des cercles les plus proches.

Sécurité : une amélioration éphémère

Au début du régime militaire, certaines zones comme la route de Ségou avaient connu une accalmie relative. Des agriculteurs avaient pu regagner leurs terres, offrant un espoir de reprise économique. Pourtant, cette embellie n’a pas duré. Aujourd’hui, la situation sécuritaire s’est à nouveau dégradée, aggravée par la croissance démographique, le changement climatique et l’expansion des groupes armés. « Aucun gouvernement ne parviendra à inverser cette tendance », estime un analyste.

Les djihadistes et rebelles touaregs : une menace toujours présente

Les groupes comme le JNIM et l’État islamique contrôlent désormais de vastes territoires, malgré les promesses initiales du pouvoir en place. Les attaques coordonnées d’avril 2026, impliquant à la fois des djihadistes et des rebelles touaregs, ont marqué un tournant. « C’était la plus grande offensive depuis 2012 », rappelle un témoin. Si l’État a finalement conservé Bamako, la perte de contrôle dans le nord constitue un revers symbolique majeur.

L’Alliance des États du Sahel : une solidarité en trompe-l’œil

Les déclarations d’unité entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso peinent à se traduire en actions concrètes. Malgré leur alliance au sein de l’Alliance des États du Sahel, ces pays, parmi les plus pauvres au monde, manquent de moyens pour soutenir militairement le Mali. Les frappes aériennes promises par le Niger et le Burkina Faso se sont révélées symboliques, laissant Bamako isolé face aux groupes armés.

Quant aux mercenaires russes, leur retrait précipité de villes clés comme Kidal a révélé leur incapacité à inverser la tendance. Leur présence, initialement présentée comme une solution, a plutôt exacerbé les tensions. « Leur départ sans combat a été une humiliation », souligne un expert.

Une population prise entre deux feux

Face à l’incapacité des autorités à garantir sécurité et prospérité, une partie de la population malienne continue pourtant de soutenir le régime. « Les Maliens ne veulent ni des djihadistes ni des anciennes élites corrompues », explique un analyste. Les jeunes, massivement présents (l’âge moyen est de 15 ans), se tournent vers les réseaux sociaux, où la propagande pro-gouvernementale et les fausses informations russes circulent largement. Malgré les difficultés économiques et les pénuries, les manifestations restent rares, par crainte de voir le pouvoir tomber aux mains des islamistes.

Vers une solution négociée ?

Face à l’échec des solutions purement militaires, certains évoquent la nécessité d’un dialogue avec les factions modérées des groupes armés. « Les djihadistes locaux ne cherchent pas à conquérir Bamako, mais à contrôler des zones rurales », précise un observateur. Des compromis, comme ceux observés en Mauritanie (où l’alcool est interdit sans application stricte de la charia), pourraient offrir une issue. « Il faut combiner pression militaire et négociations », estime-t-il.

Pourtant, la méfiance reste forte. Les populations craignent que tout dialogue ne renforce à terme l’influence des islamistes. Dans un contexte où les partis traditionnels ont perdu toute crédibilité, beaucoup préfèrent encore donner une chance au gouvernement actuel, malgré ses défauts.

Un avenir incertain

Le Mali se trouve aujourd’hui à un carrefour. Entre la menace djihadiste, l’isolement régional et les défis économiques, le pays peine à se reconstruire. Les autorités militaires, bien que contestées, bénéficient d’un soutien populaire par défaut, faute d’alternatives viables. Pourtant, sans amélioration tangible de la sécurité et des conditions de vie, ce soutien pourrait s’éroder rapidement. « Le temps joue contre tout le monde », conclut un expert.