Cameroun et Algérie renforcent leur alliance économique et commerciale
Cameroun et Algérie : une dynamique économique en pleine croissance
Les échanges entre le Cameroun et l’Algérie prennent une nouvelle dimension avec des accords ambitieux et des investissements ciblés dans des secteurs stratégiques comme la banane et le café. Une collaboration qui ouvre la voie à des opportunités inédites.
Une rencontre hautement stratégique a marqué un tournant dans les relations économiques entre le Cameroun et l’Algérie. Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a échangé longuement avec Abdallah Boukemmache, ambassadeur de la République Algérienne Démocratique et Populaire au Cameroun, accompagné de Abdel Khemane, PDG de la Holding MADAR. Ce dernier dirige l’un des plus grands groupes économiques algériens, employant plus de 6 000 salariés à travers onze filiales et quatorze participations dans des secteurs variés : tabac, automobile, pièces détachées, agroalimentaire et agriculture.
La Holding MADAR, premier importateur de bananes et de café en Algérie, s’impose comme un partenaire de choix pour le Cameroun. Lors de cet entretien, l’accent a été mis sur l’approfondissement de la coopération Sud-Sud, avec un accent particulier sur l’importation de produits camerounais emblématiques comme la banane et le café, ainsi que sur des investissements massifs dans ces filières. « Mon séjour au Cameroun vise à explorer des opportunités de partenariats avec les entreprises locales, notamment dans l’importation de produits phares comme la banane et le café, mais aussi à réaliser des investissements significatifs dans ces secteurs et d’autres, en fonction des orientations des Autorités camerounaises », a détaillé Abdel Khemane.
Les relations bilatérales, déjà solides sur les plans politique et commercial, sont sur le point de connaître une nouvelle dynamique grâce à la 5e session de la Commission mixte de coopération économique, prévue à Yaoundé. Selon Abdallah Boukemmache, « plus de quinze accords sont en cours de finalisation, couvrant divers domaines économiques. L’enjeu n’est pas seulement de signer des textes, mais de concrétiser des engagements concrets avec des investissements directs et une augmentation des échanges commerciaux entre les deux nations ». Il a souligné des progrès concrets : augmentation de plus de 150 % des visas délivrés par l’ambassade d’Algérie à Yaoundé, quadruplement des vols hebdomadaires entre Alger et Douala, et une hausse de 107 % des exportations camerounaises vers l’Algérie entre 2023 et 2024.
Des secteurs porteurs à explorer
Si la banane et le café figurent en tête des priorités, d’autres filières camerounaises suscitent l’intérêt de la partie algérienne. Le ministre du Commerce a présenté des opportunités dans le cacao et le coton, secteurs dans lesquels la Holding MADAR a exprimé sa volonté d’investir, que ce soit pour exporter ces produits vers l’Algérie ou pour les transformer localement.
Deux réunions clés sont programmées à Douala dès le 9 juillet pour avancer sur ces projets : une avec l’Office National du Cacao et du Café (ONCC) et le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC), et une autre avec la Société des Plantations du Haut Penja (PHP) pour la filière banane. L’objectif affiché par les Algériens est de démarrer rapidement les exportations, sans délai supplémentaire.
Un forum économique pour concrétiser les ambitions
Pour clore cette série d’échanges, un forum d’affaires sera prochainement organisé au Cameroun. Cette rencontre, qui réunira une délégation d’hommes d’affaires algériens menée par le président du patronat algérien, illustre la volonté des deux pays de transformer leurs intentions en actions tangibles. Une initiative qui promet des retombées majeures pour l’ensemble des opérateurs économiques camerounais.