Cameroun : donald trump intensifie sa stratégie économique et sécuritaire
Dès son premier mandat, Donald Trump a profondément remodelé la politique étrangère des États-Unis pour contrer la Chine, qu’il considère comme le rival principal de la puissance américaine.
L’administration Trump a érigé en priorité absolue la réduction de la dépendance des États-Unis vis-à-vis de la Chine en matière de terres rares. Pour mener cette offensive, elle mise sur l’entreprise GreenMet.
GreenMet, dirigée par Drew Horn, un ancien haut responsable de la sécurité nationale sous Trump, a discrètement dépêché une mission à Yaoundé il y a quelques mois. Horn, qui fut conseiller principal du directeur du renseignement national, incarne un programme américain où figurent d’anciens proches de Trump tels que Georges Sorial (ex-conseiller juridique) et Keith Schiller (ex-directeur de la sécurité de la Trump Organization).
Dans le cadre de cette stratégie pilotée par GreenMet, une délégation américaine de haut niveau s’est rendue au Cameroun pour parapher des protocoles d’accord (MoU) dont le contenu n’a pas été divulgué. On sait toutefois qu’American Renaissance Minerals (ARM), affiliée à GreenMet, est désormais bien placée pour le projet de nickel et de cobalt de Nkamouna. Les terres rares font aussi partie des cibles de Washington.
L’attachement de Donald Trump au Cameroun est tel qu’il a passé outre la décision du Congrès américain d’exclure le Cameroun de l’AGOA. Il utilise désormais la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) comme vecteur pour les accords commerciaux.
Alors que la Chine est active en RDC dans les minéraux stratégiques, les États-Unis, qui souhaitent investir dans la transformation pour diminuer leur empreinte carbone, subordonnent leur soutien au gouvernement camerounais à des exigences de transparence dans les secteurs extractifs et juridiques.
Les services de renseignement américains seraient entrés en action après les informations de l’ITIE concernant les trafics d’or illicites. Washington collabore donc avec Yaoundé pour identifier et dénoncer les responsables de ces pillages.
Les États-Unis ne comptent pas s’arrêter là. La diplomatie américaine a divisé par plus de deux le nombre de pays africains autorisés à délivrer des visas américains, et le Cameroun figure parmi les 20 nations retenues. Sur le plan sécuritaire, en l’espace de huit mois, le président Paul Biya a accueilli à Yaoundé le général Dagvin Anderson, ancien commandant de l’AFRICOM en septembre 2025, puis le lieutenant-général John William Brennan Jr., commandant adjoint de l’AFRICOM, en mai 2026.
L’amélioration de l’environnement des affaires est essentielle aux yeux de Washington. « J’aimerais sincèrement voir davantage d’entreprises américaines investir au Cameroun, développer des relations commerciales et créer des partenariats, y compris des coentreprises entre sociétés américaines et camerounaises. C’est bénéfique pour les deux pays : cela crée des emplois aux États-Unis, soutient l’industrie américaine – ce qui est une priorité du Président Trump – et stimule aussi l’économie camerounaise », a déclaré Christopher Lamora début 2026 après un entretien avec Paul Biya.
Les États-Unis cherchent à rivaliser avec la Chine, qui a injecté plus de 700 milliards de dollars dans 49 pays africains.
Selon certains analystes, la stratégie de Trump viserait à faire du Cameroun, du Nigeria et du Kenya des « dragons d’Asie » africains, à l’image de la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour.