Burkina Faso : suspension de deux associations musulmanes en plein bras de fer avec les autorités
Le régime militaire d’Ibrahim Traoré durcit encore son emprise sur la société civile. Deux organisations musulmanes viennent d’être mises en sommeil pour une durée de trois mois, suscitant de vives réactions.
Selon des arrêtés ministériels publiés le 9 juin, la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso est visée pour « troubles à l’ordre public », tandis que l’association As Salam est sanctionnée pour des « activités non conformes à son but » statutaire. Ces décisions émanent du ministère de l’Administration territoriale.
Le contexte de l’arrestation de l’imam Kindo
Ces suspensions interviennent moins de quinze jours après l’interpellation de Mohamad Ishaq Kindo, figure majeure de l’islam sunnite au Burkina. Il avait publiquement critiqué un projet législatif visant à restreindre la liberté religieuse dans un pays où les musulmans représentent environ 60 % de la population.
Son lieu de détention n’a toujours pas été communiqué officiellement. Plusieurs de ses partisans ont également été arrêtés après des manifestations demandant sa libération.
Un durcissement politique et sécuritaire
Depuis son coup d’État de septembre 2022, Ibrahim Traoré n’a cessé de resserrer le contrôle sur les voix discordantes. Les autorités justifient cette ligne dure par la nécessité de maintenir la stabilité face à la menace jihadiste qui frappe le pays depuis plus de dix ans.
Plus de 900 associations visées ces derniers mois
Entre avril et mai, plus de 800 associations ont été suspendues et une centaine d’autres dissoutes, officiellement pour non-respect d’obligations administratives. Ces mesures nourrissent l’inquiétude des défenseurs des droits quant à l’évolution des libertés publiques dans ce pays sahélien en proie à une grave crise sécuritaire.