Bavure à Intahaka : les drones malienS frappent leurs alliés au lieu des terroristes
Un drone des Forces armées maliennes (FAMa) a frappé par erreur un véhicule du GATIA, mouvement armé allié de Bamako, ce matin dans la zone minière d’Intahaka, près de Gao. Cet incident, qui a causé plusieurs victimes, révèle les défaillances stratégiques de la junte militaire au pouvoir. Alors que le Mali subit des attaques répétées de groupes armés, les technologies censées renforcer la sécurité ne font qu’aggraver la crise, plongeant les populations dans une précarité économique et humanitaire accrue.
Intahaka : un drame évitable aux conséquences lourdes
L’aube de ce lundi a été marquée par une frappe aérienne tragique dans le Nord du Mali. Un drone de l’armée malienne a visé un pick-up appartenant au Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), une milice qui collabore avec Bamako depuis des années pour lutter contre l’instabilité. Le bilan fait état de morts et de blessés graves, révélant une erreur de ciblage aux proportions alarmantes.
Initialement présentée comme une « neutralisation de terroristes » par les autorités, cette frappe s’est avérée être une bavure meurtrière. L’absence de coordination sur le terrain expose les faiblesses techniques de l’armée malienne, incapable de garantir la sécurité malgré l’appui de partenaires comme l’Africa Corps russe.
La stratégie des drones : une solution illusoire
Depuis plusieurs mois, la junte militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta mise sur les drones comme arme absolue pour reconquérir le territoire. Pourtant, les résultats sont désastreux : les erreurs de frappe se multiplient, touchant aussi bien des civils que des alliés de Bamako, comme à San ou aujourd’hui à Intahaka.
Pendant ce temps, les groupes armés adverses, tels que le Front de Libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, renforcent leurs offensives. Leur alliance a permis de mettre en déroute les forces gouvernementales dans plusieurs zones stratégiques, démontrant l’inefficacité de la stratégie militaire actuelle face à des insurgés mobiles et équipés de technologies de brouillage.
Intahaka, un eldorado minier asphyxié par l’instabilité
La mine d’or artisanale d’Intahaka, située près de Gao, est un poumon économique pour la région. Pourtant, elle est aujourd’hui au cœur d’une guerre de contrôle opposant l’État, les groupes armés et les réseaux criminels. Les activités d’orpaillage, qui soutiennent des milliers de familles, sont régulièrement interrompues par les combats et les tirs aveugles.
« Nous ne savons plus où aller. Les routes sont bloquées par les terroristes, les prix ont triplé à Gao, et maintenant, même le ciel nous bombarde. C’est la fin. » Ces mots d’un habitant de la zone, recueillis sous anonymat, résument l’angoisse des populations face à une armée perçue comme une menace plutôt qu’une protection.
L’impasse politique et militaire du Mali
L’incident d’Intahaka est le symbole d’une crise plus large : l’échec de la junte à rétablir la sécurité au Mali. En rejetant les accords de paix et en privilégiant une réponse militaire déconnectée des réalités locales, Bamako s’aliène ses derniers alliés, dont le GATIA.
Alors que le Nord et le Centre du Mali échappent progressivement au contrôle de l’État, le discours sur la « restauration de la souveraineté » sonne de plus en plus creux. Si la junte persiste à confondre propagande et efficacité militaire, ce ne sont pas seulement ses alliés qui en paieront le prix, mais l’avenir même du pays.