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Attractivité économique du Sénégal : un potentiel sous-exploité face aux investisseurs

Le Sénégal face à un défi majeur : relancer l’attractivité des investissements étrangers

Après une période faste où les investissements directs étrangers (IDE) atteignaient en moyenne trois milliards de dollars par an, le Sénégal enregistre un recul spectaculaire en 2025, avec seulement 37 millions de dollars comptabilisés. Ce chiffre, révélé par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), soulève une question cruciale : s’agit-il d’un simple cycle économique ou d’une perte de confiance envers les politiques économiques du pays ?

Vue d'ensemble du centre-ville de Dakar, au Sénégal, le mercredi 18 mars 2026.

Une chute des IDE liée à l’achèvement des grands projets énergétiques

Cette baisse des investissements s’explique en grande partie par la fin des cycles de financement des projets pétroliers et gaziers majeurs, comme Sangomar et Grand Tortue. Ces infrastructures, qui ont drainé des milliards de dollars ces dernières années, sont désormais entrées dans une phase de production. Cependant, selon Moubarak Lo, ancien conseiller économique de la primature et aujourd’hui consultant indépendant, le Sénégal pourrait largement dépasser les 37 millions de dollars enregistrés en 2025.

« Le pays a la capacité structurelle d’attirer entre trois et cinq milliards de dollars d’investissements par an, » souligne-t-il. « Mais cela nécessite une politique active de promotion économique. Actuellement, le Sénégal manque d’un réseau efficace de promotion des investissements à l’étranger, contrairement à ses voisins. Les roadshows organisés ne suffisent pas. Il faut passer d’une approche passive à une démarche proactive, notamment pour les investissements directs, et non se contenter de miser sur les titres d’État ou les obligations. »

Manque de visibilité financière : un frein à l’attractivité

L’endettement public du Sénégal, estimé à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024 par le Fonds monétaire international (FMI), pourrait sembler dissuasif. Pourtant, selon les experts, ce critère n’a pas d’impact direct sur les investisseurs privés. Justin Maria, directeur France d’Access Bank, rappelle que la France attire des capitaux malgré une dette publique dépassant les 3 500 milliards d’euros.

Pour lui, le véritable problème réside dans le manque de transparence et de prévisibilité des finances publiques. « Le Sénégal est perçu comme un pays à risque, non pas en raison de ses fondamentaux à long terme, mais en raison de l’absence de visibilité sur l’état des finances publiques et des liquidités à court terme. C’est ce flou qui inquiète les investisseurs, » explique-t-il.

Vers un redressement possible dès 2026 ?

Moubarak Lo rejette l’idée que le Sénégal soit un pays à risque et estime que le pays dispose des atouts nécessaires pour retrouver rapidement son attractivité. Bien que le FMI ait suspendu son programme de soutien fin 2024, les discussions restent en cours avec les autorités dakaroises.

« Le Sénégal compte actuellement une vingtaine de projets d’envergure. Il faut cibler les cinq ou six entreprises mondiales clés pour chaque projet et les convaincre d’investir directement dans le pays. Un redressement est possible dès cette année, ou plus probablement en 2027, » assure-t-il. Cette stratégie proactive pourrait permettre au Sénégal de regagner la confiance des investisseurs internationaux.

Alors que d’autres nations africaines, comme la Guinée, ont vu leurs IDE augmenter significativement en 2025 (plus de 7,7 milliards de dollars selon la Cnuced), le Sénégal doit agir rapidement pour éviter de perdre davantage de parts de marché dans l’attractivité économique du continent.