Argentine-suisse : la force mentale de l’albiceleste peut-elle la mener au doublé ?

Argentine-Suisse : la force mentale de l’Albiceleste peut-elle la mener au doublé ?
Un scénario à couper le souffle s’est joué mardi à Atlanta. Menés 2-0 par l’Égypte à la 79e minute, les Argentins ont semblé se diriger vers une élimination prématurée. Pourtant, dans les ultimes instants du match, Lionel Messi a offert une lueur d’espoir en centrant pour Cristian Romero, qui a réduit l’écart. Puis, dans les arrêts de jeu, Enzo Fernandez a crucifié les Égyptiens d’une tête puissante. Messi, en larmes, a symbolisé cette capacité à transformer l’adversité en triomphe.
Ce rebondissement était déjà dans les gènes de l’équipe. Trois jours plus tôt, face au Cap-Vert, l’Albiceleste avait connu un parcours semé d’embûches. Menée deux fois au score, elle avait dû batailler en prolongations pour s’imposer 3-2. Un mental d’acier qui force l’admiration, comme le souligne Franck Leboeuf, champion du monde 1998 : « C’est une équipe qui ne lâche jamais, qui se bat jusqu’au bout. Cette solidarité est leur force majeure. »
Cette « garra » argentine, cette ténacité légendaire, est célébrée par les supporters et la presse. Le quotidien Olé résume cette philosophie : « La résilience ne s’achète pas. Une épopée se vit, se subit, se combat. L’Argentine incarne cette vérité chaque fois qu’elle entre sur le terrain. » Pourtant, certains observateurs tempèrent cet enthousiasme. Souleymane Diawara, ancien international sénégalais, rappelle que l’Albiceleste n’a pas encore affronté de « grande nation » en 2026.
Une équipe encore en construction malgré son palmarès
« Une équipe visant un doublé doit dominer même face à des adversaires modestes », estime Diawara. Éric Di Meco, ancien international français, partage ce point de vue : « Le tableau argentin est ouvert jusqu’à la finale. Ce n’est pas la formation la plus spectaculaire, mais leur recette fonctionne. Ils n’ont aucune raison de changer de stratégie. » Et pour cause : l’Argentine détient le record de matchs remportés en prolongations en Coupe du monde (10 victoires en 12 tentatives).
Un collectif plus solide qu’en 2022 ?
Le titre mondial au Qatar reposait déjà sur des victoires étriquées. En 2026, le groupe de Lionel Scaloni a conservé son socle, à l’exception d’Angel Di Maria, retraité. « Dès les premiers matchs, j’ai senti que cette équipe tenait autant la route qu’en 2022 », confie Leboeuf. Jérôme Rothen et Di Meco vont plus loin : « Elle est même plus forte qu’il y a quatre ans. » Messi, toujours décisif avec 8 buts en 2026, incarne cette progression.
Pourtant, des voix s’élèvent pour rappeler les limites de ce système. « Messi ne pourra pas éternellement sauver l’Argentine », avertit Diawara. « Un jour, il sera neutralisé, et le château de cartes s’effondrera. » Malgré tout, le rêve d’un deuxième titre consécutif anime tout un pays. Reste à savoir si la « garra » suffira face à la Suisse, puis peut-être l’Angleterre ou la Norvège en demi-finales.