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Après les 544 042 euros du Bénin à l’ONUSIDA, les réactions et les prochaines étapes

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À New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, le Bénin a officialisé une contribution de 544 042 euros en faveur de l’ONUSIDA pour la période 2026-2027. Un geste salué par les partenaires internationaux, qui ouvre désormais la question des retombées concrètes et des prochaines échéances dans la riposte au VIH.

Un soutien financier qui fait réagir

La signature de cet accord, intervenue dans un contexte de tensions sur le financement mondial de la santé, a immédiatement suscité des réactions. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a rappelé la portée de l’engagement : « La signature que nous apposons ce jour n’est pas un simple acte administratif : c’est la marque d’une fidélité. Depuis 2001, l’ONUSIDA marche à nos côtés. Ce protocole n’est pas qu’un accord de financement : c’est la preuve qu’un partenariat fidèle, quand il dure, sauve des vies — 72 % d’infections en moins, 51 % de décès en moins depuis 2010. Ce sont des vies sauvées, des familles préservées. »

De son côté, Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l’ONUSIDA, a tenu à saluer l’attitude du Bénin : « Cette contribution du gouvernement du Bénin est une démonstration forte du leadership national et de la responsabilité partagée dans la lutte contre le VIH. À l’heure où le financement mondial de la santé est mis à rude épreuve, le Bénin envoie un message clair : la lutte contre le sida n’est pas terminée. Nous sommes profondément reconnaissants de ce partenariat, qui contribuera à préserver les acquis obtenus de haute lutte, à accélérer les progrès vers l’éradication du sida et à garantir que personne ne soit laissé pour compte. »

Des retombées attendues sur le terrain

Sur le terrain, les effets de cette contribution sont déjà anticipés. Christian Mouala, Directeur pays et Représentant de l’ONUSIDA pour le bureau multi-pays Côte d’Ivoire-Togo-Bénin, a partagé depuis New York un message empreint d’optimisme. Il a salué « le leadership visionnaire du Président Romuald Wadagni et la détermination du Gouvernement béninois à protéger les acquis de plus de deux décennies de partenariat ». Selon lui, cette contribution « permettra de consolider les efforts de coordination, de renforcer les données stratégiques et d’amplifier l’engagement des communautés, afin que chaque Béninois et chaque Béninoise puisse continuer à accéder à des services de qualité et que le pays reste fermement engagé sur la voie de la fin du sida d’ici 2030 ».

L’investissement de 544 042 euros viendra renforcer plusieurs piliers essentiels : la production de données et d’analyses fiables, l’engagement communautaire, la coordination multi-sectorielle et la mobilisation des ressources. Il doit garantir que les populations les plus vulnérables — jeunes, femmes, populations clés — continuent d’accéder sans interruption aux services de prévention, de dépistage, de traitement et d’accompagnement.

Un précédent qui pourrait inspirer la région

En officialisant ce financement, le Bénin rejoint un cercle restreint de pays — parmi lesquels l’Algérie, le Brésil, la Chine, la Côte d’Ivoire ou la Thaïlande — qui investissent directement dans le travail de l’ONUSIDA. Une démarche qui témoigne d’une maturité politique et d’une volonté de ne pas dépendre exclusivement de l’aide extérieure.

Cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large. Le Bénin a récemment adopté une législation pionnière sur la prévention, la prise en charge du VIH et l’élimination de la stigmatisation, alignée sur les standards internationaux des droits humains. Ces avancées juridiques, combinées à un financement national accru, dessinent un modèle de souveraineté sanitaire que de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre observent avec attention.

Vers l’élimination du sida d’ici 2030 : les prochaines étapes

L’objectif affiché reste l’élimination du sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable. La contribution béninoise doit permettre d’accélérer les progrès et de préserver les acquis. Dans les centres de santé de Cotonou, de Parakou ou de Natitingou, comme dans les couloirs de l’Assemblée générale des Nations Unies, le message se veut porteur d’espoir : le Bénin entend rester un leader déterminé et responsable dans la riposte au VIH.

Sous la présidence de Romuald Wadagni, cette détermination ne faiblira pas, assurent les autorités. La suite dépendra de la capacité à transformer ces 544 042 euros en résultats tangibles et à maintenir la mobilisation internationale autour de cet enjeu de santé publique.

Charles Mbami

Reporter Sécurité et politique