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Accord Thali : prime global energies entre en jeu, et le forage Njom-3 se précise

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Une avancée majeure vient de se concrétiser pour le Cameroun et son secteur pétrolier offshore. Après des mois d’incertitudes, le palais d’Etoudi a donné son feu vert à la cession d’une part significative du permis Thali à Prime Global Energies. Cette décision, bien que symbolique, ouvre la voie à un financement salvateur pour un projet au bord de l’asphyxie financière. Alors que les regards se tournent désormais vers le forage Njom-3, les réactions et les perspectives se multiplient, esquissant un avenir plus clair pour l’exploitation pétrolière nationale.

Un feu vert présidentiel sous conditions administratives

L’autorisation accordée par la présidence camerounaise marque un tournant pour Prime Global Energies, qui s’apprête à entrer au capital de Thali à hauteur de 42,5 %. Cependant, cette validation ne suffit pas à elle seule. Une procédure administrative reste en suspens à Yaoundé : un arrêté ministériel doit encore officialiser l’extension de la période d’exploration avant que l’accord ne soit pleinement effectif. Ce délai, bien que technique, pourrait retarder le lancement des travaux, essentiels pour redynamiser un permis en difficulté depuis des années.

Dans ce contexte, la société britannique Tower Resources, opérateur actuel de Thali, table sur un apport de 15 millions de dollars de son nouveau partenaire. Cette somme, convertie en francs CFA, représente un ballon d’oxygène pour un projet asphyxié par des retards répétés et des contraintes financières. Mais tant que les documents ne seront pas signés et transmis aux parties prenantes, l’opération restera en suspens.

Une participation non opérationnelle, mais stratégique

L’arrivée de Prime Global Energies ne modifie pas la gestion quotidienne du permis Thali. L’entreprise britannique Tower Resources Cameroon, filiale locale, conservera la maîtrise des opérations en tant qu’opérateur non exclu. Prime Global Energies, enregistrée au Royaume-Uni et ancienne filiale d’Eni, apportera son expertise technique et financière, sans pour autant s’immiscer dans les décisions opérationnelles. Une organisation qui rassure les autorités camerounaises, soucieuses de voir le projet aboutir sans perturbation.

Cette structure en farm-out est classique dans le secteur : le nouvel entrant finance une partie des travaux en échange d’une participation, sans prendre le contrôle du projet. Un mécanisme qui permet à Tower Resources de poursuivre ses activités malgré une trésorerie exsangue, tout en offrant à Prime Global Energies une porte d’entrée sur le marché camerounais.

Njom-3 : un forage désormais programmé pour 2027

Le forage du puits d’appréciation Njom-3, initialement prévu pour début 2027, a été repoussé au deuxième trimestre de cette même année. Une décision prise pour garantir la faisabilité du projet, malgré les retards accumulés. Jeremy Asher, PDG de Tower Resources, précise que cette échéance reste prudente, même si une avancée plus rapide n’est pas exclue. La compagnie finalise actuellement les préparatifs logistiques à Douala, où des équipements clés, comme un système de suspension de puits, ont déjà été déployés en prévision des tests futurs.

Le choix de la plateforme de forage n’est pas encore arrêté. Plusieurs options sont à l’étude, mais aucune annonce officielle ne sera faite avant la signature d’un contrat ferme. En revanche, les accords avec les autres prestataires nécessaires au forage sont déjà en cours de finalisation, signe que les préparatifs sont bien avancés.

Une trésorerie au plus bas, l’apport de Prime devient vital

À court d’options, Tower Resources n’a d’autre choix que de concrétiser cet accord ou de trouver une alternative financière pour sauver Thali. Avec seulement 66 583 dollars en caisse au 30 juin 2026 et des passifs courants de 2,91 millions, la situation est critique. Le groupe, qui n’a jamais produit un baril, a dû capitaliser 453 000 dollars au premier semestre pour maintenir les études et la planification du forage. Les 15 millions promis par Prime Global Energies devraient couvrir l’essentiel des coûts restants pour Njom-3, mais les tests et un éventuel développement commercial nécessiteront de nouveaux investissements.

Pour Yaoundé, cette opération représente bien plus qu’un simple transfert de parts. Elle pourrait relancer l’exploitation pétrolière offshore camerounaise, longtemps entravée par des manquements financiers. Les perspectives s’éclaircissent, mais l’issue dépendra de la capacité des parties à finaliser rapidement les formalités administratives.

Retombées et réactions : ce que l’accord change vraiment

L’annonce de la validation présidentielle a suscité des réactions contrastées. Les autorités camerounaises y voient une opportunité de redonner un souffle au secteur, tandis que les observateurs s’interrogent sur la solidité financière du partenaire et sur l’impact réel de cet investissement. Pour Prime Global Energies, cette entrée au Cameroun pourrait marquer le début d’une diversification géographique stratégique, après des années d’activité au Pakistan et au Moyen-Orient.

Côté logistique, les préparatifs à Douala et les études en cours montrent que le projet Njom-3 est plus proche que jamais. Pourtant, le retard accumulé sur le calendrier initial rappelle que les défis restent nombreux. Une fois le forage lancé, les résultats des tests détermineront la suite : une éventuelle commercialisation ou de nouveaux appels à investisseurs.

Alice Ntamag

Analyste économie et politique