Absence de Paul Biya : qui dirige réellement le Cameroun ?
Le Cameroun est sous le feu des projecteurs depuis deux mois, en raison de l’absence prolongée du président Paul Biya, 93 ans, qui suscite interrogations et inquiétudes. Réélu en 2025 lors d’un scrutin controversé, il incarne depuis des décennies la stabilité politique d’un pays où les traditions institutionnelles semblent parfois vaciller.
Officiellement, le chef de l’État se trouve en Suisse, à Genève, depuis le 7 juin, dans le cadre d’un « séjour privé » selon les communiqués officiels. Pourtant, cette escapade dépasse désormais les cinquante jours, une durée inédite depuis le début de son règne en 1982. Jamais auparavant un président camerounais n’avait passé autant de temps à l’étranger, surtout pour un motif non officiel.
Les observateurs s’interrogent : comment un pays dirigé par un homme de 93 ans, dont la santé est régulièrement questionnée, peut-il fonctionner normalement ? La société civile et l’opposition expriment ouvertement leur scepticisme. Certains n’hésitent pas à souligner l’absurdité d’un système où « le plus vieux président du monde passe plus de temps en voyage qu’au palais ».
Pourtant, malgré cette longue absence, les rouages de l’État continuent de tourner. Le 3 août dernier, une série de décrets présidentiels a été publiée, tous signés depuis Genève. Parmi eux, un remaniement de l’armée incluant la nomination de nouveaux responsables à des postes stratégiques. Une décision qui interroge : qui, en coulisses, tire les ficelles de ces décisions ? Qui assume réellement le pouvoir lorsque le président est absent ?